ils ont ecrit pour vous
des textes licencieux
À la MARGE
anonymes Louis ARAGON Pierre LOUŸS Alfred de MUSSET   NOMS DU SEXE OVIDE Louis PROTAT
Cette section regroupe des auteurs anonymes et d'origines et d'époques diverses. Quelques textes, de forme non poétiques y ont été placés pour donner un apercu autre de la littérature érotique...

anonymeS
Si vous la baisez...
Si vous la baisés, comptez quinze;
Si vous touchés le tétin, trente;
Si vous avez la motte prinse,
Quarante-cinq lors se présente
Mais si vous metés en la fente
Ce de quoy la dame a mestier,
-Notés bien ce que je vous chante,-
Vous gaignés le jeu tout entier
 
Se vous laissiez
Se vous laissiez la porte ouverte
De vostre chambre, en quelque nuyt,
Je prendroye bien le conduit
D’aler veoir s’estes bien couverte.
Je mettroye ma robe verte
Dessus vous (mais que rien n’y nuyst)
Se vous laissiez la porte ouverte.
Puis, au dessoubz de la couverte,
Je vous apprendroie le deduit
Que l’en fait à bien peu de bruit:
Et si n’y auroit pas grande perte
Se vous laissiez la porte ouverte
 
Sur son balcon dame Alix appuyée
...Sur son balcon dame Alix appuyée
Lorgnait les passants un beau jour.
Depuis longtemps, aux mystères d'amour
La belle était initiée.
Un sien neveu, nommé Valcour,
Garçon alerte et d'assez bonne mise,
Entre en sa chambre ; il la voit, et soudain
Le fripon sent naître en son sein
Un mouvement de paillardise ;
Si bien que derrière elle il se glisse sans bruit,
Soulève le jupon d'une main libertine,
Et puis, ainsi qu'on imagine,
S'ajuste, pousse et s'introduit.
- Eh ! mais, voyez l'extravagance !
Dit Alix à notre éventé ;
- Valcour... vous me foutez, je pense ?...
- Moi ? non, ma tante, en vérité...
- Comment, non, coquin que vous êtes ?
Ne sens-je pas ce que vous faites ?
Et vous l'osez nier ! c'est par trop fort aussi...
- Vous êtes donc bien mécontentente ?
Dit Lindor d'un ton radouci ;
- Eh bien ! je vais m'ôter, ma tante,
Si vous voulez. - Non, restez-y :
Mais je n'aime pas que l'on me mente !
 

Louis ARAGON  |  1897 – 1982
Le con d'Irène
(extraits)
Si petit et si grand ! C’est ici que tu es à ton aise, homme enfin digne de ton nom, c’est ici que tu te retrouves à l’échelle de tes désirs. Ce lieu, ne crains pas d’en approcher ta figure, et déjà ta langue, la bavarde, ne tient plus en place, ce lieu de délice et d’ombre, ce patio d’ardeur, dans ses limites nacrées, la belle image du pessimisme. Ô fente, fente humide et douce, cher abîme vertigineux. C'est dans ce sillage humain que les navires enfin perdus, leur machinerie désormais inutilisable, revenant à l'enfance des voyages, dressent à un mât de fortune la voilure du désespoir. Entre les poils frisés comme la chair est belle sous cette broderie bien partagée par la hache amoureuse, amoureusement la peau apparaît pure, écumeuse, lactée. Et les plis joints d'abord des grandes lèvres bâillent. Charmantes lèvres, votre bouche est pareille à celle d'un visage qui se penche sur un dormeur, non pas transverse et parallèle à toutes les bouches du monde, mais fine et longue, et cruciale aux lèvres parleuses qui la tentent dans leur silence, prête à un long baiser ponctuel, lèvres adorables qui avez su donner aux baisers un sens nouveau et terrible, un sens à jamais perverti. Que j'aime voir un con rebondir. Comme il se tend vers nos yeux, comme il bombe, attirant et gonflé, avec sa chevelure d’où sort, pareil aux trois déesses nues au-dessus des arbres du Mont Ida, l’éclat incomparable du ventre et des deux cuisses. Touchez mais touchez donc vous ne sauriez faire un meilleur emploi de vos mains. Touchez ce sourire voluptueux, dessinez de vos doigts l’hiatus ravissant. Là que vos deux paumes immobiles, vos phalanges éprises à cette courbe avancée se joignent vers le point le plus dur, le meilleur, qui soulève l’ogive sainte à son sommet, ô mon église. Ne bougez plus, restez, et maintenant avec deux pouces caresseurs, profitez de la bonne volonté de cette enfant lassée, enfoncez, avec vos deux pouces caresseurs écartez doucement, plus doucement, les belles lèvres, avec vos deux pouces caresseurs, vos deux pouces. Et maintenant, salut à toi, palais rose, écrin pâle, alcôve un peu défaite par la joie grave de l’amour, vulve dans son ampleur à l’instant apparue. Sous le satin griffé de l’aurore, la couleur de l’été quand on ferme les yeux. Ce n’est pas pour rien, ni hasard ni préméditation, mais par ce BONHEUR d’expression qui est pareil à la jouissance, à la chute, à l’abolition de l’être au milieu du foutre lâché, que ces petites soeurs des grandes lèvres ont reçu comme une bénédiction céleste le nom de nymphes qui leur va comme un gant. Nymphes au bord des vasques, au coeur des eaux jaillissantes, nymphes dont l’incarnat se joue à la margelle d’ombre, plus variables que le vent, à peine une ondulation gracieuse chez Irène, et chez mille autres mille effets découpés, déchirés, dentelles de l’amour, nymphes qui vous joignez sur un noeud de plaisir, et c’est le bouton adorable qui frémit du regard qui se pose sur lui, le bouton que j’effleure à peine que tout change. Et le ciel devient pur, et le corps est plus blanc. Manions-le, cet avertisseur d’incendie. Déjà une fine sueur perle la chair à l’horizon de mes désirs. Déjà les caravanes du spasme apparaissent dans le lointain des sables. Ils ont marché, ces voyageurs, portant la poudre en poire, et les pacotilles dans des caisses aux clous rouillés, depuis les villes des terrasses et les longs chemins d’eaux qu’endiguent les docks noirs. Ils ont dépassé les montagnes. Les voici dans leurs manteaux rayés. Voyageurs, voyageurs, votre douce fatigue est pareille à la nuit. Les chameaux les suivent, porteurs de denrées. Le guide agite son bâton, et le simoun se lève de terre, Irène se souvient soudain de l’ouragan. Le mirage apparaît, et ses belles fontaines... Le mirage est assis tout nu dans le vent pur. Beau mirage membré comme un marteau-pilon. Beau mirage de l’homme entrant dans la moniche. Beau mirage de source et de fruits lourds fondant. Voici les voyageurs fous à frotter leurs lèvres. Irène est comme une arche au-dessus de la mer. Je n’ai pas bu depuis cent jours, et les soupirs me désaltèrent. Han, han. Ire appelle son amant. Son amant qui bande à distance. Han, han. Irène agonise et se tord. Il bande comme un dieu au-dessus de l’abîme. Elle bouge, il la fuit, elle bouge et se tend. Han. L’oasis se penche avec ses hautes palmes. Voyageurs vos burnous tournent dans les sablons. Irène à se briser halète. Il la contemple. Le con est embué par l’attente du vit. Sur le chott illusoire, une ombre de gazelle... Enfer, que tes damnés se branlent, Irène a déchargé.
 

pierre louÿs  |  1870 – 1925
Les chansons de Bilitis
1-L'ARBRE

Je me suis dévêtue pour monter à un arbre ; mes cuisses
nues embrassaient l'écorce lisse et humide ; mes sandales
marchaient sur les branches.

Tout en haut, mais encore sous les feuilles et à l'ombre de
la chaleur, je me suis mise à cheval sur une fourche écartée en
balançant mes pieds dans le vide.

Il avait plu. Des gouttes d'eau tombaient et coulaient sur
ma peau. Mes mains étaient tachées de mousse, et mes orteils
étaient rouges, à cause des fleurs écrasées.

Je sentais le bel arbre vivre quand le vent passait au
travers ; alors je serrais mes jambes davantage et j'appliquais
mes lèvres ouvertes sur la nuque chevelue d'un rameau.

12-LES COMPARAISONS

Bergeronnette, oiseau de Kypris, chante avec nos premiers
désirs ! Le corps nouveau des jeunes filles se couvre de fleurs
comme la terre. La nuit de tous nos rêves approche et nous en
parlons entre nous.

Parfois nous comparons ensemble nos beautés si
différentes, nos chevelures déjà longues, nos jeunes seins encore
petits, nos pubertés rondes comme des cailles et blotties sous la
plume naissante.

Hier je luttai de la sorte contre Melanthô mon aînée. Elle
était fière de sa poitrine qui venait de croître en un mois, et,
montrant ma tunique droite, elle m'avait appelée : petite enfant.

Pas un homme ne pouvait nous voir, nous nous mîmes
nues devant les filles, et, si elle vainquit sur un point, je
l'emportais de loin sur les autres. Bergeronnette, oiseau de
Kypris, chante avec nos premiers désirs !

54-LE DÉSIR

Elle entra, et passionnément, les yeux fermés à demi, elle
unit ses lèvres aux miennes et nos langues se connurent. . .
Jamais il n'y eut dans ma vie un baiser comme celui-là.

Elle était debout contre moi, toute en amour et
consentante. Un de mes genoux, peu à peu, montait entre ses
cuisses chaudes qui cédaient comme pour un amant.

Ma main rampante sur sa tunique cherchait à deviner le
corps dérobé, qui tour à tour onduleux se pliait, ou cambré se
raidissait avec des frémissements de la peau.

De ses yeux en délire elle désignait le lit ; mais nous
n'avions pas le droit d'aimer avant la cérémonie des noces, et
nous nous séparâmes brusquement.
 

alfred de musset  |  1810 – 1857
Gamiani ou deux nuits d'excès
(extraits)
...profitant d’une absence de ma digne parente, j’allai me réfugier dans un couvent des sœurs de la Rédemption. La supérieure, touchée sans doute de mon jeune âge et de mon apparente timidité, me fit l’accueil le plus propre à dissiper mes craintes et mon embarras. Je lui racontai ce qui m’était arrivé, je lui demandai un asile et sa protection. Elle me prit dans ses bras, me serra affectueusement et m’appela sa fille. Après, elle m’entretint de la vie tranquille et douce du couvent ; elle réchauffa encore ma haine pour les hommes et termina par une exhortation pieuse qui me parut le langage d’une âme divine. Pour rendre moins sensible mon passage subit de la vie du monde à la vie du cloître, il fut convenu que je resterais près de la supérieure et que je coucherais chaque soir dans son alcôve. Dès la seconde nuit nous, en étions à causer le plus familièrement du monde. La supérieure se retournait, s’agitait sans cesse dans son lit. Elle se plaignait du froid et me pria de coucher avec elle pour la réchauffer. Je la trouvai absolument nue. On dort mieux, disait-elle, sans chemise. Elle m’engagea à ôter la mienne ; ce que je fis pour lui être agréable. – Oh ! ma petite, s’écria-t-elle en me touchant, tu es brûlante ! Comme ta peau est douce ! Les barbares ! oser te martyriser de la sorte ! Tu as dû bien souffrir ! Raconte-moi donc ce qu’ils t’ont fait. Ils t’ont battue ? dis. Je lui répétai mon histoire dans tous ses détails, appuyant sur ceux qui paraissaient l’intéresser davantage. Le plaisir qu’elle prenait à m’entendre parler était si vif qu’elle en éprouvait des tressaillements extraordinaires. – Pauvre enfant ! pauvre enfant ! répétait-elle, en me serrant de toutes ses forces.

Insensiblement je me trouvai étendue sur elle. Ses jambes étaient croisées sur mes reins, ses bras m’entouraient. Une cha leur tiède et pénétrante se répandait par tout mon corps ; j’éprouvais un bien -être inconnu, délicieux, qui communiquait à mes os, à ma chair, je ne sais quelle sueur d’amour qui faisait couler en moi comme une douceur de lait. – Vous êtes bonne, bien bonne, dis-je à la supérieure. Je vous aime, je suis heu reuse près de vous. Je ne voudrais jamais vous quitter ! Ma bouche se collait sur ses lèvres, et je reprenais avec ardeur : – Ah ! oui, je vous aime à en mourir !… Je ne sais… mais je sens… La main de la supérieure me flattait avec lenteur. Son corps
s’agitait doucement sous le mien. Sa toison, dure et touffue, se mêlait à la mienne, me piquait au vif et me causait un chatouil lement diabolique. J’étais hors de moi, dans un frémissement si grand que tout mon corps tremblait. À un baiser violent que me donna la supérieure, je m’arrêtai subitement. – Mon Dieu ! m’écriai-je, laissez-moi !… Ah !… jamais rosée plus abondante, plus délicieuse ne suivit un combat d’amour.

L’extase passée, loin d’être abattue, je me précipite de plus belle sur mon habile compagne ; je la mange de caresses. Je prends sa main, je la porte à cette même place qu’elle vient d’irriter si fort. La supérieure, me voyant de la sorte, s’oublie elle-même, s’emporte comme une bacchante. Toutes deux nous disputons d’ardeur, de baisers, de morsures !… Quelle agilité, quelle souplesse cette femme avait dans les membres ! Son corps se pliait, s’étendait, se roulait à m’étourdir. Je n’y étais plus. J’avais à peine le temps de rendre un seul baiser à tous ceux qui me pleuvaient de la tête aux pieds. Il me semblait que j’étais mangée, dévorée en mille endroits ! Cette incroyable activité d’attouchement lubrique me mit dans un état qu’il est im possible de décrire. Ô Fanny ! que n’étais-tu témoin de nos as sauts, de nos élans ! Si tu nous avais vues toutes deux furi bondes, haletantes, tu aurais compris tout ce que peut l’empire des sens sur deux femmes amoureuses. Un instant ma tête se trouve prise entre les cuisses de ma lutteuse. Je crus deviner ses
désirs. Inspirée par la lubricité, je me mis à la ronger dans ses parties les plus tendres. Mais je répondais mal à ses vœux. Elle me ramène bien vite sur elle, glisse, s’échappe sous mon corps et, m’entrouvrant subtilement les cuisses, elle m’attaque aussi- tôt avec la bouche. Sa langue agile et pointue me pique, me sonde comme un stylet qu’on pousse et retire rapidement. Ses
dents me prennent et semblent vouloir me déchirer… J’en vins à m’agiter comme une perdue. Je repoussais la tête de la supé rieure, je la tirais par les cheveux. Alors elle lâchait prise : elle me touchait doucement, m’injectait sa salive, me léchait avec lenteur, ou me mordillait le poil et la chair avec une raffinerie si délicate, si sensuelle à la fois, que ce seul souvenir me fait
suin ter de plaisir. Oh ! quelles délices m’enivraient ! quelle rage me possédait ! Je hurlais sans mesure ; je m’abattais abîmée, ou m’élevais égarée, et toujours la pointe rapide, et aiguë, m’atteignait, me perçait avec raideur ! Deux lèvres minces et fermes prenaient mon clitoris, le pinçaient, le pressaient à me détacher l’âme ! Non, Fanny, il est impossible de sentir, de jouir de la sorte plus d’une fois en sa vie ! Quelle tension dans mes nerfs ! quel battement dans mes artères ! quelle ardeur dans la chair et le sang ! Je brûlais, je fondais et je sentais une bouche avide, insatiable, aspirer jusqu’à l’essence de ma vie. Je te l’assure, je fus desséchée, et j’aurais dû être inondée de sang et de liqueur ! Mais que je fus heureuse ! Fanny ! Fanny ! je n’y tiens plus ! Quand je parle de cet excès, je crois éprouver encore ces mêmes titillations dévorantes ! Achève-moi !…, Plus vite ! plus fort !… bien ! ah ! bien ! las ! je meurs !…
 

les noms du sexe  |  recensés par Marcel BÉALU  ( 1908 – 1993 )
Noms du membre
L'anchois,
l'andouillette,
l'anguille,
le boute-feu,
le bonasse,
le bâton, pastoral, d'Adam, de mariage,
la bistoquette,
la biroute,
le braquemart,
la balayette infernale,
la chandelle,
le cognoir,
le cordon de St François,
le chinois, le chichi,
le doigt, du milieu, sans ongle,
l'épinette,
la défonceuse,
le courtaud,
le drôle,
l'engin,
l'épiphénomène,
le flageolet,
la flûte à moustache,
la friandise,
le guilleret,
le marjolin,
le mastoc,
l'os à moelle,
l'outil à faire la pauvreté,
l'outil à faire de la belle joie,
le passe-partout,
le pommier d'Adam,
le persuasif,
le petit père,
le pendillon,
le pilon,
le parceque,
le paquet de mariage,
la pièce du milieu,
la péninsule,
le pape,
le petit frère,
le robinet de l'âme,
le radin,
le redilemoi,
le tant pis si je meurs,
l'ustensile,
le vireton,
la vie du con,
etc
 
Noms de la fente
L'atelier de Vénus,
le petit coeur à échasses,
l'abricot,
l'anneau,
l'autel velu,
l'ardent,
le baba,
le barbu,
le bénitier,
la boite à ouvrage,
le bijou,
la braguette de peau,
le bouton,
la brioche,
le bonbon,
le chignonet,
le clapotard,
le chat,
la conque,
le coquelicot charnu,
le conin,
la cage,
le cadran,
la cicatrice,
le coquillage barbu,
le centre des délices,
celui qui regarde par le bas,
le coeur fendu,
le concentrique,
l'étui,
l'entre-deux,
l'enfilé,
l'estuaire,
l'échancrure,
la fève,
la fourrure,
la frippelippe,
la framboise,
la fendasse,
le frifri,
la figue,
le grobis,
la gripette,
le grain de café,
l'humanité,
le hérisson,
le jardin d'amour,
le joyau,
la jointure,
le jardin public,
la lanterne,
la mâchoire,
la motte,
le mignon,
le mont fendu,
le nid,
l'oeillet,
l'ourlet,
l'oeil larmoyant,
l'ouvroir,
le piège,
le paradis terrestre,
l'oiseau-lyre,
le papillon, le pertuis,
le papelardinet,
la prâline,
le puits d'amour,
le régulier,
la rose,
le ripelu,
le rigolard,
le soissonnet,
la sainte table,
la solution de continuité,
la souris,
le trou de service,
la tire-lyre,
la tabatière,
le trougnouchet,
les tendres défilés,
le tabernacle,
la vestibule,
le zinzin,
etc
 

OVIDE  |  43 av.JC – 17 AP.JC
Les amours | L'amour l'après-midi
Chaleur... Midi passé. Au beau milieu du lit,
je me suis allongé pour prendre du repos.
Un volet reste clos, et l'autre bâille un peu :
la lumière ressemble à celle d'un sous-bois,
D'un crépuscule à l'heure où Phébus se retire,
ou quand la nuit n'est plus, sans qu'il fasse encor jour.
Lumière que l'on offre aux amantes timides :
c'est l'abri espéré par leur chaste pudeur.
Corinne m'a rejoint, tunique dénouée,
ses cheveux en bandeaux me cachent son cou blanc.
Telle, Sémiramis allait vers son époux,
et telle fut Laïs, aux si nombreux amants.
J'arrachai la tunique : elle ne gênait guère,
(si fine) — elle luttait pour en rester vêtue.
Elle luttait, mais sans vraiment vouloir gagner,
et ne fut point fâchée de se rendre, vaincue...
Quand sans voile elle se dressa devant mes yeux,
sur son corps tout entier, nul défaut, nulle part.
Ses épaules, ses bras, que je vis et touchai!
La forme de ses seins, faite pour les caresses !
Et ce ventre si plat sous cette gorge intacte !
La hanche, douce et pleine, et la cuisse, si jeune!
Des détails ? À quoi bon ? Tout méritait éloge
et tout contre mon corps je serrai son corps nu.
Le reste... Fatigués, nous dormîmes ensemble.
Ah ! donnez-moi souvent un tel après-midi !
 
L'Art d'aimer | Voilà qu'un lit complice
Voilà qu'un lit complice accueille les amants
Ma muse, n'entre point dans cette chambre close.
Sans toi, seuls, ils sauront inventer mille mots,
et sa main gauche à lui ne sera pas oisive
Au lit, ses doigts sauront s'occuper aux endroits
où l'Amour, en secret, aime tremper son dard.
Hector si valeureux, bon ailleurs qu'aux combats
ainsi pour commencer besognait Andromaque
Et de même faisait Achille à sa captive,
las de ses ennemis, sur sa couche alangui.
Tu les laissais sur toi se poser, Briséis,
1 ces mains toujours trempées du sang des Phrygiens.
A moins que ton plaisir ne fût, belle jouisseuse,
que viennent sur ton corps ces mains d'homme vainqueur ?
Crois-moi : ne hâte point les plaisirs de Vénus,
mais tarde, et, peu à peu, diffères-en le charme.
Cet endroit où la femme aime qu'on la caresse,
tu l'as trouvé? Caresse, et n'aie pas de pudeur!
Tu verras dans ses yeux trembler comme un éclair,
un reflet du soleil sur l'onde transparente ;
Ensuite elle gémit, puis murmure d'amour,
geint doucement et dit les mots que veut ce jeu.
Mais ne va pas alors, déployant trop ta voile,
laisser l'amante là, ni lui courir après :
Ensemble vers le but hâtez-vous — plein plaisir,
si elle et lui, vaincus, gisent en même temps.
Telle est la marche à suivre, à loisir, librement,
sans hâter ce larcin d'amour par quelque crainte,
Si tarder est peu sûr, alors, rame à pleins bras,
donne de l'éperon, fonce à bride abattue...
 
 

Louis PROTAT  |  1819 – 1881
Examen subi par Mlle Flora, à l'effet d'obtenir...
...son diplôme de putain
et d'être admise au bordel de Madame Lebrun,
67 bis rue de Richelieu


Dix-sept ans, des yeux noirs et fendus en amande,
Avec des cheveux blonds,
une bouche un peu grande,
Sans doute exprès et pour laisser voir en riant
Un brillant chapelet de perles d'Orient ;
Un sein rose, arrondi, ferme à ne pas le croire,
Un cul dur comme un marbre et plus blanc que l'ivoire,
Un con si mignonnet qu'il semblait que jamais
Même au vit d'un enfant il pût donner accès !
Tel est en raccourci l'image ravissante
De Flora la putain, qu'on croirait innocente
Et vierge, tant ses yeux rayonnent de candeur...
..............................
Question n° 1 :
Quels noms donner au sexe masculin et à l'accouplement ?
Question n° 2 :
Des différentes façons de faire la chose...
Question n° 3 :
De l'heure la plus propice au désir
Question n° 4 :
De l'art de branler et sucer
Question n° 5 :
Comment s'y prendre avec les vieux clients
Question n° 6 :
Connais-tu bien les goûts de chaque nation ?
pour suivre le déroulement de l'examen, cliquez ici
 
 
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