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des textes licencieux
C
 
henri cantel Sire de Chambley claude chappuys claude de chouvigny roger de collerie
guillaume coquillard charles cros pierre cusson    

HENRI cantel | 1825 – 1878
Columbatim
Dans ce lit, aux molles clartés
Tombant d'une lampe d'albâtre,
Voyez s'entrelacer, s'ébattre
Deux serpents, deux jeunes beautés.

Des serpents ! non ce sont des cygnes
Par la grêce et par la fraîcheur,
L'aile frémit en sa blancheur,
Brisant les ombres et les lignes.

Pourquoi ces soupirs, ces sanglots,
Couple ardent, dont le sein palpite ?
La fureur de Sapho t'agite:

Ensemble vous videz à flots
Vos coupes de chair, loin de l'homme,
O précieuses de Sodome !
 
Le clitoris
Le clitoris en fleur, que jalousent les roses,
Aspire sous la robe, à l'invincible amant ;
Silence, vent du soir ! taisez-vous, cœurs moroses !
Un souffle a palpité sous le blanc vêtement.
Béatrix, Héloïse, Eve, Clorinde, Elvire,
Héroïnes d'amour, prêtresses de l'art pur,
Chercheuses d'infini, cachez-vous de l'azur !
D'astre en astre montez, aux accents de la lyre
Loin des soupirs humains ; plus haut, plus haut encor,
Volez, planez, rêvez parmi les sphères d'or !
Le printemps fait jaillir les effets hors des causes ;
La lune irrite, ô mer ! ton éternel tourment,
Et le désir en flamme ouvre amoureusement
Le clitoris en fleur qui jalouse les roses.
 
Les tribades
Les filles de Lesbos dorment entrelacées,
Comme deux jeunes fleurs sur un même rameau;
Elles dorment ! Leur sein éblouissant et beau,
Se gonfle au souvenir de leurs folles pensées.

D'un mutuel amour leurs lèvres caressées
Semblent prêtes encor pour un baiser nouveau;
Et demain dans ce lit, voluptueux tombeau,
Le plaisir rouvrira leurs corolles lassées.

Leur corps n'est entouré d'aucun voile jaloux;
J'écoute soupirer leur souffle, et je me penche
Pour mieux voir les contours de leur nudité blanche.

Mais je ne suis qu'un homme, et je pleure à genoux:
Sur elles, pour tromper ma flamme inapaisée,
Mon désir verse à flots sa brûlante rosée.
 
 

sire de chambley – Edmond Haraucourt | 1856 - 1941
 
O femme!
...Pendant que je me tords sur mon axe viril
Comme Saint Laurent sur son gril :
- O femme! Qui dira la foule involontaire
Des pucelles qu'on fait moisir?
Qui dira les doigts blancs dont l'effort solitaire
Gratte l'écorce du plaisir?

Clitoris sans amour des vierges par devoir,
Muqueuses en rut, coeurs en peine,
C'est pour vous que j'agite et que je fais pleuvoir
Ce qui vous manque et qui me gêne.
...Car j'ai votre idéal, si vous avez le mien!
Venez. Prenez : c'est votre bien...

... J'ai la liqueur et vous le vase...
Vous tendez votre coupe à mes deux échanssons.
Moi généreux et vous avide :
Fête longue et vins chauds! A nos santés versons
Mon trop plein dans votre trop vide !
***
Rythme bien ton ardente caresse
Au gré de mon balancements,
O mon âme... Lentement,
Prolongeons l'instant d'ivresse.

Là... Vite! Plus longtemps !
Je fonds ! Attends,
Oui, je t'adore...
Va ! va ! va !
Encore.
Ha ! .
 
Ouvre les yeux, réveille-toi
Ouvre les yeux, réveille-toi ;
Ouvre l'oreille, ouvre ta porte :
C'est l'amour qui sonne et c'est moi
Qui te l'apporte.

Ouvre la fenêtre à tes seins ;
Ouvre ton corsage de soie ;
Ouvre ta robe sur tes reins ;
Ouvre qu'on voie !

Ouvre à mon cœur ton cœur trop plein :
J'irai le boire sur ta bouche !
Ouvre ta chemise de lin :
Ouvre qu'on touche !

Ouvre les plis de tes rideaux :
Ouvre ton lit que je t'y traîne :
Il va s'échauffer sous ton dos.
Ouvre l'arène.

Ouvre tes bras pour m'enlacer ;
Ouvre tes seins que je m'y pose ;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes, prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses ;
Ouvre tes genoux temblants...
Ouvre tes cuisses !

Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir :
Dans les chauds trésors de ton ventre
J'inonderai sans me tarir
L'abîme où j'entre.
 
Ouvre tes bras pour m’enlacer
Ouvre tes bras pour m’enlacer :
Ouvre tes seins que je m’y pose ;
Ouvre aux fureurs de mon baiser
Ta lèvre rose !

Ouvre tes jambes ; prends mes flancs
Dans ces rondeurs blanches et lisses ;
Ouvre tes genoux tremblants…
Ouvre tes cuisses

Ouvre tout ce qu’on peut ouvrir :
Dans les chauds trésors de ton ventre
J’inonderai sans me tarir
L’abîme où j’entre.
 
claude chappuYs   | 1500? – 1575
 
Blason du con
Petit mouflard, petit con rebondi,
Petit connin plus que levrier hardi,
Plus que le lion au combat courageux,
Agile et prompt en tes follastres jeux,
Plus que le singe ou le jeune chaton,
Connin vêtu de ton poil folastron,
Plus riche que la toison de colcos,
Connin grasset, sans arêtes, sans os,
Friant morceau de naîve bonté,
O joli con bien assis, haut monté,
Loin de danger et bruit de ton voisin,
Qu'on ne prendrait jamais pour ton cousin.
Bien embouché d'un bouton vermeillet,
Ou d'un rubis servant de fermaillet, (1)
Joint et serré, fermé, tant seulement
Que ta façon ou joli mouvement,
Soit le corps droit, assis, gambade, ou joue,
Si tu ne fais quelque amoureuse moue ;
Source d'amour, fontaine de douceur,
Petit ruisseau appaisant toute ardeur :
Mal et langueur : ô lieu solacieux, (2)
Et gracieux, séjour délicieux,
Voluptueux plus que tout autre au monde ;
Petit sentier qui droit mène à la bonde (3)
D'excellent bien, et souverain plaisir,
Heureux sera celui duquel le désir
Contentera, qui prendre te pourra,
Et qui de toi pleinement jouira.

(1) fermoir
(2) reposant
(3) trou pratiqué dans une douve

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

claude de chouvigny – Baron De Blot   | 1605 – 1655
Or, adieu donc, mes camarades
Or, adieu donc, mes camarades,
Quittons les péchés de jadis,
Putains, bouteilles, mascarades,
Il nous faut gagner Paradis.
Nous y foutrons chacun un Ange,
Dont le cul sent la fleur d'orange.

L'un aime le con d'une fille,
L'autre le cul d'un beau garçon,
L'autre n'aime garçon ni fille
Et ne chérit que son flacon.
Pour moi, je bois, je ris, je chante,
Et je fous ce qui se présente.

Quant à ces pauvres sodomites,
Que le Seigneur, dit-on, brûla,
J'ai toujours ouï dire aux Jésuites
Que ce ne fut pas pour cela,
Mais qu'ils voulurent foutre un ange,
Ce que Dieu trouva fort étrange.
 
 

roger de collerie  |  1470 ~1540
En la baisant et tenant ses tétons
En la baisant et tenant ses tétons,
De sa gorge procédèrent deux tons
Plein de douceur et de grande harmonie
Et sur ce point, son secret je manie
Et lui baille d'amour les viretons*.

Puis en un lieu où nul ne redoutons
Maint bon propos de l'un l'autre écoutons,
D'affection bien joyeuse garnie
En la baisant.

En un jardin tout auprès nous boutons,
Et d'un rosier cueillîmes les boutons,
Lesquels rendaient une odeur infinie.
Lors, sans songer, la parole finie,
Au jeu plaisant de nouveau nous mettons
En la baisant.
 
 

guillaume coquillard  |  1452 - 1510
Balancier contre les Noeuds Bandés
Vous, Noeuds Bandés qu'on appelle "parasites des intestins" ;
Vous qui, étant sans raideur, vous plaignez de nos phallus :
Examinez bien, du fourreau ou de l'épée,
Lequel, pour prendre vos ébats,
Vaudra le meiux ; car je crois qu'en grande quantité,
Si vous ne les branlez pas grâce à une bonne tromperie,
Nos tiges et nos épieux vous foutrons leur raideur.

Quand on voudra, votre pénis sera tenu dans notre poing,
Si fort que vous crierez hélas !
Que vous faut-il ? Recherchez-vous la décharge
Des empalés qui sont tombés sur votre os ?
Je vous jure que pour vos fellations, et pour ces gourdins
Que vous promenez dans un cul d'actif,
Nos tiges et nos épieux vous foutrons leur raideur.

Homos qui êtes peureux : faut aller bander ailleurs
Que dans cette arrière-cour, car ce n'est pas pour votre bazar.
Etirez-vous, et arpentez une autre voie*
Et plus vite que notre cheville ;
Ou sinon, dans une exacte proportion
(Le plus dur ayant droit à cette mâle pine),
Nos tiges et nos épieux vous foutrons leur raideur.

Prince des enculeurs, qui devez conquérir les trous :
Ne redressez pas un si grand dégonflement
A ces "mignons" qui, s'ils peuvent bander
Nos tiges et nos épieux, vous foutrons leur raideur.

* sous-entendu : rectale
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

charles cros  | 1842 – 1888
 
Les trois sœurs
Toutes les trois étaient charmantes
Toutes les trois étaient putains
Dans le d'Harcourt prenant des menthes
Toutes les trois étaient charmantes
Toutes les trois mettant leurs mantes
Suivaient des michets incertains.
Toutes les trois étaient charmantes.
Toutes les trois étaient putains.

Toutes les trois étaient frisées
Etant juives toutes les trois.
Leurs six yeux lançaient des fusées.
Leurs trois bouches étaient rosées,
Leurs trois vagins étaient étroits.
Toutes les trois étaient frisées
Etant juives toutes les trois.

Orphélie, Augustine, Héloïse
Etaient leurs trois noms usuels.
Toutes les trois se cherchaient noise,
Orphélie, Augustine, Héloïse ;
Leur triple langue était grivoise,
Leurs trois coups de reins sensuels.
Orphélie, Augustine, Héloïse
Etaient leurs trois noms usuels.
 
Sonnet d'Oaristys
Tu me fis d'imprévus et fantasques aveux
Un soir que tu t'étais royalement parée,
Haut coiffée, et ruban ponceau dans tes cheveux
Qui couronnaient ton front de leur flamme dorée.

Tu m'avais dit « Je suis à toi si tu me veux »
Et, frémissante, à mes baisers tu t'es livrée.
Sur ta gorge glacée et sur tes flancs nerveux
Les frissons de Vénus perlaient ta peau nacrée.

L'odeur de tes cheveux, la blancheur de tes dents,
Tes souples soubresauts et tes soupirs grondants,
Tes baisers inquiets de lionne joueuse

M'ont, à la fois, donné la peur et le désir
De voir finir, après l'éblouissant plaisir,
Par l'éternelle mort, la nuit tumultueuse.
 

pierre cusson  | 1722 – 1784
 
Ode à la m..de
Lorsqu’après un repas l’estomac vous tiraille,
Que tout au fond de vous le haricot travaille…
Qu’il est doux de penser que bientôt, pas très loin,
Vous courrez prestement pour chier dans un coin.

Qu’on est bien, accroupi, les coudes sur les cuisses,
Tandis qu’environné d’une troupe de Suisses
On exhibe au grand air l’hémisphère dodu
Qui cache encore aux yeux le chef-d’œuvre attendu.

Ami ! Il est, dit-on, un art en toute chose,
Aussi bien à chier qu’à cultiver les roses.
Or donc, pour opérer avec discernement,
Gardez-vous qu’un papier ne vienne absurdement

Lorsque l’œuvre est parfaite, écraser l’accessoire.
Tss ! Tss ! Pas de papier si vous voulez m’en croire,
Laissez aux constipés ce procédé piteux
Qui gâche absolument un plaisir si juteux,

Que le bout de l’index, seul, fasse cet office.
Quand il aura touché trois fois votre orifice
Qui vient de s’entrouvrir comme une tendre fleur,
Il teindra votre doigt d’une étrange couleur.

Ami, si vous voulez encor goûter des charmes,
Sur la blanche muraille, esquissez quelques larmes.
Et si, par aventure, abondant est l’extrait,
De celle que vous aimez vous ferez le portrait.
 
henri cantel Sire de Chambley claude chappuys claude de chouvigny roger de collerie
guillaume coquillard charles cros pierre cusson    
 
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