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des textes licencieux
g
 
serge gainsbourg théophile gauthier gaultier garguille  jean genet albert glatigny
jean-baptiste de grécourt claude guichard  

Serge GAINSBOURG  |  1928 – 1991
 
Lorsqu'en songes obscurs Marilou se résorbe
Lorsqu'en songes obscurs
Marilou se résorbe
Que son coma l'absorbe
En des rêves absurdes
Sa pupille s'absente
Et son iris absinthe
Subrepticement se teinte
De plaisirs en attente
Perdue dans son exil
Physique et cérébral
Un à un elle exhale
Des soupirs fébriles
Parfumés au menthol
Ma débile mentale
Fais tinter le métal
De son zip et Narcisse
Elle pousse le vice
Dans la nuit bleue lavasse
De sa paire de Levi's
Arrivée au pubis
De son sexe corail
Ecartant la corolle
Prise au bord du calice
De vertigo Alice
S'enfonce jusqu'à l'os
Au pays des malices
De Lewis Caroll.
 

théophile gauthier  |  1811 – 1872
 
La danseuse / Des rires frénétiques, des cris de volupté
Des rires frénétiques, des cris de volupté, des râles extatiques,
de longs soupirs mourants, des sanglots et des pleurs :
idolo del mio cuor, anima mia, mon ange, ma vie,
et tous les mots de ce langage étrange que l'amour délirant invente
en ses fureurs, voilà ce qu'on entend.
l'alcôve est au pillage, le lit tremble et se plaint, le plaisir devient rage ;
ce ne sont que baisers et mouvements lascifs ;
les bras autour des corps se crispent et se tordent, l'oeil s'allume,
les dents s'entrechoquent et mordent, les seins bondissent convulsifs.
 
Le Nombril / Nombril, je t’aime, astre du ventre.
Nombril, je t’aime, astre du ventre.
Œil blanc dans le marbre sculpté,
Et que l’Amour a mis au centre
Du sanctuaire où seul il entre,
Comme un cachet de volupté.
 

gaultier garguille – Hugues Guéru  |  1573 – 1633
 
Epigramme
Belle, je vous offre un oiseau
Qui est échappé de la mue ;
Mais il lui manque le cerveau
Et la plus grande part de la queue.
Si vous le muez à loisir,
Il vous donnera du plaisir.

Cet oiseau, roide et bien volant,
Faisait merveille à son servage.
Asteure*, en caresme-prenant**,
Belles, mettez-le dans la cage.
Si vous le muez à loisir,
Il vous donnera du plaisir.

Ce brave oiseau, fin et subtil,
Aime le poil comme la plume.
Mais quand il vole le connil***,
Il est si âpre qu'il s'enrhume.
Si vous le muez à loisir,
Il vous donnera du plaisir.

Notre oiseau ne se perdra point ;
Il a de fort bonnes sonnettes.
Ayez-en tant soit peu soucis,
Il servira tant que vous êtes.
Si vous le muez à loisir,
Il vous donnera du plaisir.

Il est bouffon au dernier point,
Car aussitôt qu'il voit le leurre
Il vient roide dessus le poing ;
Et tant soit peu qu'il y demeure,
Si vous le muez à loisir,
Il vous donnera du plaisir.

* à cette heure
** les trois jours gras qui précèdent immédiatement le mercredi des Cendres
*** chasse le lapin

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

jean genet  |  1910 – 1986
 
Le Condamné à mort / Ô viens mon ciel de rose
Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n'avions pas fini de nous parler d'amour.
Nous n'avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu'il fait pâlir le jour.vv

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l'escalier plus souple qu'un berger,
Plus soutenu par l'air qu'un vol de feuilles mortes...

Ce n'est pas ce matin que l'on me guillotine.
Je peux dormir tranquille. À l'étage au-dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon Jésus
S'éveille. Il va cogner de sa dure bottine
À mon crâne tondu.
 

albert glatigny  | 1839 – 1873
 
Invitation à la minette
Ton con suave, ton con rose,
Sous une forêt de poils blonds,
Doux, frisés, parfumés et longs,
A l'air d'une lèvre mi-close,
Lèvre excitant les appétits
De ma lèvre très curieuse,
D'où tant de baisers sont partis ;
Une langue mystérieuse
Sort de ce con, et vient chercher
La mienne, pour gamahucher.
 
Mignonne, sais-tu qu'on me blâme
Mignonne, sais-tu qu'on me blâme
De t'aimer comme je le fais ?
On dit que cela, sur mon âme !
Aura de singuliers effets;
Que tu n'es pas une duchesse,
Et que ton cul fait ta richesse,
Qu'en ce monde, ou rien n'est certain,
On peut affirmer une chose:
C'est que ton con vivant et rose
N'est que le con d'une putain !
Qu'est-ce que cela peut foutre ?
Lorsqu'on tient ces vains propos,
Je les méprise, et je passe outre,
Alerte, gaillard et dispo !
Je sais que près de toi je bande
Vertement, et je n'appréhende
Aucun malheur, sinon de voir,
Entre mes cuisses engourdies,
Ma pine flasque et molle choir !...
 
Vere Novo
En mai, le mois où l’on bande,
Les désirs sortent par bande
Et vont battre les buissons ;
La grotte s’ouvre et se ferme
Comme un con buveur de sperme ;
Les crapauds sur le chemin
Tirent quelques coups moroses ;
On voit courir dans les roses
Les Amours, la pine à la main !
 

jean-baptiste de grécourt  |  1536 – 1607
 
Complainte
Enfin après six mois de peine et de soupirs
Climène aconsenti à mes pressants désirs,
D'un moment tendre et doux, j'ai saisi l'avantage ;
Mais, hélas ! qui l'eût crû, cette prude sauvage,
Qui tant et tant de fois à rebuté mes feux,
A plus foutu de coups que je n'ai de cheveux.
Son con vaste et son cul n'ont qu'une même fente.
Mon vit en fût saisi d'horreur et d'épouvante,
Et parcourant enfin cet abîme profond,
Foutait en même temps et le cul et le con.
Vous qui cherchez ici l'honneur d'un pucelage,
Amants ne jugez point d'un con par le visage.
Ces dévotes beautés qui vont baissant les yeux,
Sont celles très souvent qui chevauchent le mieux,
Fille qui d'air bénin vous affronte et vous duppe,
A pour un malheureux cent fois levé la jupe,
Et qui feint de prier, et ferme son volet,
Pour un godemichy quitte son chapelet.
Quand un Berger parfois d'un discours téméraire,
Presse trop vivement une jeune Bergère,
Et qu'il voit sur son front peinte la rougeur,
C'est le Foutre qui monte, et non pas la pudeur.
 
La langue
Ce n'est point ta charmante bouche
Ni tes lèvres de corail,
Ni tes dents dont l'émail
Si sensuellement me touche ;
C'est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l'Amour n'est rien.

Pour mettre le comble à ma flamme,
Je te quitte des beautés
Dont les cœurs sont enchantés :
Que faut-il pour me ravir l'âme ?
C'est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l'Amour n'est rien.

D'où vient qu'avec tant d'efficace
Je te parle sans parler,
Regarde sans regarder,
M'agite sans sortir de place ?
C'est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l'Amour n'est rien.

Qui seul' toute la nuit peut plaire,
Toute la nuit contenter,
Et pour devise porter :
Plus on fait, plus on le veut faire ?
C'est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l'Amour n'est rien.
v Quel est le vrai jeu de Cythère,
Ce jeu si rempli d'appas ?
Non, ma Philis, ce n'est pas
Tout ce que pense le Vulgaire.
C'est ta langue qui fait si bien
Cela, sans quoi l'Amour n'est rien.
 
Pour éviter l'ardeur du plus grand jour d'été,
Pour éviter l'ardeur du plus grand jour d'été,
Climène sur un lit dormait à demi nue,
Dans un état si beau, qu'elle eût même tenté
L'humeur la plus pudique et la plus retenue.

Sa jupe permettait de voir en liberté
Ce petit lieu charmant qu'elle cache à la vue,
Le centre de l'Amour et de la volupté,
La cause d beau feu qui m'enflamme et me tue.

Mille objets ravissants, en cette occasion,
Bannissant mon respect et ma discrétion,
Me firent embrasser cette belle dormeuse.

Alors, elle s'éveille à cet effort charmant,
Et s'écrie aussitôt : Ah ! que je suis heureuse !
Les biens, comme l'on dit, me viennent en dormant!
 

claude guichard, Sieur d'Arandas  | ~1545 - 1607
 
Les tétons
À Clément Marot

Sur les tétons, Marot, je pense comme vous * :
C’est l’ornement, le trésor d’une belle.
À des tétons qui peut être rebelle ?
L’œil ne peut voir rien de plus doux.
Bienheureuse la main qui les tient à son aise !
Et plus heureuse encor la bouche qui les baise !
Hélas ! pourquoi gêner leur liberté ?
Nul ajustement ne les pare
Comme l’entière nudité.
Ce qu’il faut d’embonpoint, leur élasticité,
L’intervalle qui les sépare,
Ce poli du satin, cette aimable rondeur,
Du bouton incarnat de la rose naissante,
Ce bouton surpassant la forme et la couleur,
Ce transparent tissu de neige éblouissante,
Et l’azur qui dessous se divise et serpente.
Tout est vu, pressé, dévoré,
Le Beau Tetin, par vous gentiment célébré
Valait-il les tétons pour lesquels je soupire ?
Mon cher Marot, eh quoi ! ces tétons pleins d’appas
Ne vous font point revoler ici-bas !
J’en remettrais la gloire à votre lyre.

Ô de tous les tétons, tétons victorieux,
Chef-d’œuvre de l’amour, tétons… tétons des Dieux !
Faible mortel, renonce à chanter leur empire ;
Tout l’Olympe assemblé n’y pourrait pas suffire ;
Et, ce qui fait leur prix, ce qui fait mon bonheur,
Auprès de ces tétons je sens… je sens un cœur.

* référence au blason de Marot : Le beau tétin
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 
serge gainsbourg théophile gauthier gaultier garguille  jean genet albert glatigny
jean-baptiste de grécourt claude guichard  
 
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