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des textes licencieux
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théodore hannon victor hugo clovis hugues

théodore hannon  |  1851-1916)
 
Connin, bijou sans prix finement ciselé,
Connin, bijou sans prix finement ciselé,
Un soir, par quelque fée experte japonaise,
Fleur de vie ou de mort pour l'homme ensorcelé
A ses fraîcheurs d'aurore, à ses feux de fournaise.

Fruit de chair, pulpe exquise et dont l'accent amer
(Ce rappel de l'arôme étonnant où la brise
Pimente son haleine en passant sur la mer)
Vaut tous les poivres-longs sous le duvet qui frise.

Calice aux vins puissants et magiques dont nous
Ne devons approcher qu'en extase, à genoux,
Sans en faire rougir les roseurs d'aubépine.

Car la langue, elle seule, y doit servir d'amant,
Avec le doigt, sans ongle et mouillé prudemment.
Le cul n'est-il pas là pour y fourrer sa pine ?
 
Duettino
Les nuages faisaient le gros dos dans le ciel.
Par l'air pesant flottaient des effluves d'orage.
Je restai sur ma chaise, affalé, sans courage,
Troublé, rêvant à quelque Eden artificiel.

De ma fenêtre alors j'aperçus ma voisine,
Ce fruit vert interdit à ma lubricité,
Comme moi sous le coup de l'électricité,
Sans doute, - car sa main s'égarait, enfantine.

Au jupon retroussé sur un ventre ivoirin :
Son clitoris braquait sous l'impalpable crin
Le médian branleur humecté de salives...

Au bordel le plus proche, éperdu, je m'encours
Et revins dès que j'eus dégorgé mes olives...
- La vierge aux doigts vaillants se tisonnait toujours !
 
J'aime fourrer mon nez
J'aime fourrer mon nez au creux de ton aisselle,
Et parmi les poils blonds, de ma barbe cousins,
Savourer longuement les trésors qu'il recèle,
La pommette appuyée au velours de tes seins.
Ô calice de chair plein de vins exotiques
Qu'on boit avec le nez et déguste pendant
Que s'emplissent d'amour les canaux spermatiques !
 
Jaloux
Eh ! oui, jaloux ! je suis jaloux,
Ce que l’on peut appeler comme
Une kyrielle de loups,
Mais ce n’est pas certes d’un homme

Car je suis jaloux de la mer !
De la vaste mer amoureuse
Dont le flot qu’on prétend amer
Possède une âme langoureuse…

A l’ombre des cabines, près
De l’eau verte qui te flagelle,
Et plus morose qu’un cyprès
Sous le vent du Nord qui me gèle,

O ma baigneuse, j’admirais
Ton corps si beau dans son costume,
Que le flot où tu te mirais
Croyant à la Vénus posthume,

Vint lécher, lui, le flot altier,
Tes pieds que tu recroquevilles
Et river, galant bijoutier,
De clairs anneaux à tes chevilles.

Ensuite, à ton mollet cambré
Voulant nouer sa jarretière ,
Il trama sur le derme ambré
Un maillot pour la cuisse altière.

Prodiguant son baiser salin,
Et sans pitié de nos tortures,
Toujours montant, le flot câlin
Te mit aux hanches des ceintures.

Or, soudain commença l’assaut
De ta poitrine demi-nue ;
La vague écumante, d’un saut,
Bondit de la croupe charnue

Et resta surprise devant
Le flot de ta gorge qu’azure
Un fin réseau ; lors, me bravant,
L’audacieuse prit mesure

Pour un corset… Tes seins jaseurs
Interrompirent leurs harangues
En voyant ces étranges sœurs
Les darder de leurs mille langues.

Plus indiscret qu’un amant,
La vague aux lesbiennes ivresses
T’enveloppait étonnamment
De ses infécondes caresses…

Puis la mer enfin t’engloutit
Enamourée, âpre, béante ,
Te roulant pâmée en son lit
D'un baiser de Sapho géante.
 
Le balcon / La très chère était appuyée
La très chère était appuyée
Au balcon à trèfles pesants,
Regardant passer les passants,
Distraite, et la mine ennuyée.

A pas de loup je m'avançai.
Sous les neigeuses cascatelles
Des entre-deux et des dentelles,
Une main tendre je glissai...

Mes doigts plongèrent dans du rose :
S'envola son humeur morose.
Elle bavarda folle, puis

La très chère alors devint coite.
Et je retirai ma main moite...
Point ne me suis lavé depuis !
 
Sherry Cobbler
Elle avait une bouche énorme et compliquée,
Ses lèvres bien en chairs aux rouges capitons,
Avec une verdeur aisément expliquée,
Faisait bondir les noeuds et sauter les boutons!

- Viens - ça ! criais-je en rut, ce suçoir que tu vantes,
Je le veux pour mon dard, et mon foutre pressant,
Arrosera de feu ta bouche, fleur de sang ...
Laissons l'amour, ce tir monotone, aux servantes!

Que ta main fôlatrant alentour de mes couillons
Y fasse s'élancer le sperme à gros bouillon.
Embouche à fond mon gland pour que rien ne se perde.

Tourne sept fois ta langue et selon le codex,
Plonge dans mon anus un pétulant index.
Va bien, - rentre la dent, - je jouis, - halte ! ah ! merde !
 
Sonnet biblique
Très rousse, aux longs yeux verts damnablement fendus!
Je la suivis chez elle, et bientôt, sans chemise,
Sur son lit de bataille elle se trouva mise,
Offrant à mes ardeurs tous les fruits défendus.

Le chignon inondait de sa fauve avalanche
Le torse aux grands prurits de cette Putiphar* ;
Le nombril incrustait sa fleur de nénuphar
Aux lobes de son ventre : un gâteau de chair blanche.

Ses tétins étaient d'ambre effilés de carmin
Et tenaient tout entiers dans le creux de ma main.
Elle entr'ouvrit le centre unique où tout converge...

Son poil roux brasillait de flammes me dardant...
- Moïse, c'est à vous, dans ce buisson ardent,
Que je songeais, frappant le doux roc de ma verge !
 

victor hugo  |  1802 – 1885
 
Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère
Son con est sans secret, sa vulve est sans mystère,
Mais j'ai pris cette nuit, en un moment son cul.
Elle était endormie, aussi j'ai dû me taire,
Celle à qui je l'ai fait n'en a jamais rien su.

Hélas ! j'aurai piné près d'elle inaperçu,
Sans me l'asticoter et pourtant solitaire ;
J'aurais planté mon bout dans cette jeune terre,
Et sans rien demander elle aura tout reçu.

En elle, à qui Dieu fit la fesse douce et tendre,
Je suivrai mon chemin, me distrayant d'entendre
Ce bruit que dans la glaise on fait à chaque pas.

Au postère de voir ma semence fidèle
Elle dira, vidant son cul tout rempli d'elle :
"Quel est donc ce blanc d'oeuf ?" et ne comprendra pas...
 

clovis hugues  |  1851 – 1907
 
Ode au vagin
Quand une femme est en chemise
Les épaules de marbre blanc,
Le cul, forme encore indécise
Dans les plis du voile tremblant,
Le parfum épars dans la chambre,
L'orteil, le mollet qui se cambre,
Les nichons rosés d'un émoi,
Les bras, la taille forte ou frêle,
Tout t'annonce, tout te révèle,
Rien n'est attirant que pour toi.

Le voile glisse. Extase ! Aurore !
Exquis prélude des bons coups !
Les cuisses te cachent encore,
Mais voici ton poil souple et doux,
Ton poil, touffe d'or ou d'ébène
Que l'on croirait posée à peine
Au bas du ventre point plissé,
Et qui, lentement caressée,
Allonge sa pointe frisée
Comme un triangle renversé.

Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile
Dans le fouillis des rameaux verts,
Détendu sur sa fente rose,
Et l'air tout de même un peu chose,
Avec son sourire en travers !

La main de l'amant t'entrebâille
Vivante rose de cypris,
Et de tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris.
Fin chef-d’œuvre de la nature,
Vit d'oiseau, pine en miniature,
Bouton subitement durci,
Qui, dans l'écartement des lèvres,
Tout baigné d'amoureuses fièvres,
Dresse la tête et bande aussi.

Ô paradis ! Joie étoilée !
Explosion du désir fou !
La langue, la langue effilée,
Toute la langue dans le trou !
Pendant que, de ses mains savantes,
Il étreint les fesses mouvantes
Ou chatouille le bout des seins,
Et que, la chevelure éparse,
L'impétueuse et belle garce
Halète en mordant les coussins !

Et d'abord il faut que je dise,
En un rythme savant et clair
Comment ta forme se précise
Dans le poème de la chair.
Mais quel baiseur - fut-il un maître
Dans l'art de s'égayer l'urètre -
A t-il seulement soupçonné
Comment tu t'ouvres et te fermes,
Et de quels subtils épidermes
La nature t'a façonné ?

Tu reste pour lui le mystère,
Sous sa main comme sous ses yeux,
L'énigme auguste de la terre,
Le secret énorme des cieux,
Le gouffre petit, mais terrible,
Le fantastique trou du crible,
L'enfoncement sombre et béni,
La réalité dans le rêve,
L'inexplicable fente d'Eve
Sur la nuit et l'infini.

Quand on t'ouvre et qu'on te regarde
Dans ta sublime étrangeté,
La prunelle devient hagarde
Comme au bord d'un flot redouté.
Curiosités dangereuses !
Tu t'élargis et tu te creuses :
Les doigts effarés doutent d'eux.
La lèvre, délicate et rose,
S'amincit et se superpose :
On croirait que vous êtes deux !

Quelle floraison magnifique
Au divin jardin des amours !
Ainsi que le Protée antique,
Tu changes partout et toujours,
Tantôt plus fermée qu'une digue,
Tantôt béant comme une figue
Quand au soleil elle se fend,
Tantôt mi-clos à la décharge,
Tout petit et, juste assez large
Pour le frêle doigt d'un enfant.
 
 
théodore hannon victor hugo clovis hugues
 
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