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des textes licencieux
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amadis jamyn etienne jodelle pierre-jean jouve  hubert juin

 
amadis jamyn  |  1540 – 1593
 
Complainte d'une fille
Tout le ciel haut et bas incessamment remue.
Jupiter et Venus, et la Lune cornue,
Et tous les autres dieux et déesses aussi,
Dansent au remuement d'un amoureux souci ;
Les étoiles, qui sont au firmament fichées,
Ores (1) pour remuer semblent désattachées :
Ainsi dedans le ciel je vois que, toute nuit,
Chacun en remuant sait prendre son déduit (2) ,
Et moi, seulette au lit, toute nuit soucieuse,
Je suis à souhaiter une danse amoureuse,
Afin de remuer ainsi que font les cieux,
Car en les imitant je ne puis faire mieux.

(1) D'ores et déjà
(2) Plaisir
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 
Pour une mascarade de pionniers
Dames, vous pourriez trouver pis
Que nos pals (1) bien emmanchés :
Donc, ne refusez nos grocs pics,
Pour besogner à vos tranchées.

Sans Pionniers, on ne peut prendre
Ni remparts, ni villes, ni tours,
Et d'effet, si voulez l'apprendre,
Nous sommes Pionniers d'amours.

Nous sommes si bons à la guerre,
POur miner, saper, et trancher,
Qu'enfin nous faisons, raz de terre,
La forteresse trébucher.

Toujours avec la besoche, (2)
La tranche, le pic, le hoyau, (3)
Nous faisons si bien une approche
Que nous renversons le château.

Nous portons dessus les échines
Nos ferrements bien retroussés,
Car il faut de grosses fascines (4)
Pour bien recombler vos fossés !

* Travailleur dont on se sert dans une armée pour creuser des tranchées
(1)  pieux
(2)  Sorte de pioche pour faire les trous destinés à la plantation des arbres
(3)  pioche à lame forte et large par le bout servant à remuer la terre
(4)  tressage d'osier destiné à soutenir un talus

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

etienne jodelle, Sieur du LymoNdin  |  1532 – 1573
 
Ah ! Je le savais bien qu'elle a la fesse molle,
Ah ! Je le savais bien qu'elle a la fesse molle,
La paillarde qu'elle est, et que mon vit batteur
A son con effondré ne ferait point de peur !
Con qui va distillant une moiteuse colle,

Que te sert-il d'user de si prompte bricole,
D'un mouvement paillard et d'un soupir trompeur,
Témoignant que mon vit lui muguette le coeur ?
Mon vit vague dedans comme en une gondole !

C'est une étable à vits, et tout vit passager
Quelque gros train qu'il ait, au large y peut loger,
Et n'est pas bien reçu s'il a petit bagage ;
Et pour parler au vrai des honneurs de son con,
Il est aussi dolent, sans un vit de ménage,
Qu'un aveugle egaré qui n'a point de bâton.
 
Douce lancette à la couleur vermeille,
Douce lancette à la couleur vermeille,
Dardant parfois la plus prompte vigueur,
Qui au toucher met le feu dans le coeur,
Assoupissant la vie qui sommeille,

Et qui savoure avecque sa pareille
Le doux friand d'une douce liqueur,
Rafraîchissant la brûlante chaleur.
Du sang bouillant sous l'ardeur non pareille;

Chatouille un peu mon maintien endormi,
Te retirant, traversant à demi
Dedans le clos de la mienne couchée,

Je te rendrai le semblable plaisir,
Qui mettra sus le plus outré désir
En attendant la lutte trébuchée.
 
En quelle nuit, de ma lance d'ivoire,
En quelle nuit, de ma lance d'ivoire,
Au mousse bout d'un corail rougissant,
Pourrai-je ouvrir ce boutin languissant,
En la saison de sa plus grande gloire ?

Quand verserai-je, au bout de ma victoire,
Dedans sa fleur le cristal blanchissant,
Donnant couleur à son teint pâlissant,
Sous le plaisir d'une longue mémoire ?

Puisse elle tôt à bonne heure venir,
Pour m'engraver un joyeux souvenir,
Tardant si peu de son cours ordinaire

Qu'elle voudra l'ombre noir qui la suit,
Car de la nuit le clair Jour je puis faire,
Et du clair Jour l'ombreuse noire nuit.
 
Sonnet vilain
Pour être extremement effrontée putain,
Pour aller rechercher çà et là ses foutées,
Produire à un chacun ses cuisses ehontées,
Et s'en faire donner pour un morceau de pain ;

Avoir dedans le con l'insatiable faim,
Du foutre naturel, et lui étant otées
De ses paillards recreux les couilles effoutées*
Se faire un vit par art et se foutre à la main ;

Tout celà n'est qu'honneur. L'honneur est heroïque,
D'être chaude, lascive, impudique, lubrique,
Et d'être à tous venans la pute et le bourdeau**.

J'excuse tout cela qu'en nature consiste,
Mais de presser le cul au bougre sodomiste,
Ha ma foi, par ma foi ! Cet acte n'est pas beau !

* vidées
** bordel
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

pierre-jean jouve  |  1887 – 1973
 
Grande et nue un instant après
Grande et nue un instant après
Avoir dégagé les deux cuisses
Du petit pantalon serré<

Une tour sur ses bas de rose
La hanche au ceinturon brodé
Provocante elle attend la chose

Deux seins poires belles et bistres
Epaules à porter des bras
Superbes mais surtout le bas

Ventre avançant l'énorme touffe
Forte et noire comme un péché
Que l'adoration étouffe.
 

Hubert juin  (Hubert Loescher)  | 1926 – 1987
 
Les saintes femmes
Sur ce temple adorable, et plus nu que la nudité,
où la houle du ventre répond aux noeuds du corps,
je sacrifie aux dieux terrestres de l'amour :
le sein dressé comme navire de haute guerre, et pavoisé
de tant de lèvres qui le pressent ;
puis la course des doigts parmi les ombres sous le ventre,
qui s'entre-battent et mordent dans le rose de la chair,
au porche exact et chaud des écarlates voluptés où
s'enlacent varechs et branches du délectable abri !...
---
Aux chocs des dents, aux jeux des bouches
qui se prennent et se déprennent,
dans l'architecture de deux corps noués et dénoués ;
perdus entre les eaux, les draps, les cris,
la langue folle cueille le sel à tous les rochers de la peau
(et j'affouille sous la jupe
qui se fend la nocturne splendeur du ventre),
puis revient en la moiteur devineresse,
et glisse et court par le sentier de nos plaisirs,
puis quitte, pour le bonheur des yeux, et l'audace du sexe,
l'arche somptueuse de deux fesses qui se rendent...
---
Seins comme des lances dans les combats guerriers !
Seins qui ne mentent dans le grand fond de nos baisers !
Seins qui s'en vont par les sentiers de la nuit,
qui ne se perdent, qui quémandent les yeux baissés,
la langue à franc-parler, les doigts agiles,
et (légère) la dent qui mord un baiser blanc !...
Seins qui se dressent sous la paume,
comme chevaux montés à cru !
Seins, pommes fleuries dans le verger des femmes nues !
Seins, eaux vives pour le corps lorsque le corps
s'acharne en la braise d'amour !
Seins, deux bûchers égaux en le feu du désir !
Seins, vrais seins, qui font silence en la bouche qui parle...
---
Tu t'offres en le miroir qui te voit dévêtue.
Tu es nue, dans la chambre à lentes voiles déployée,
soudaine caravelle à mes bras et qui se tendent,
- et mon ventre aussi dur que rocher pour la proue de ton ventre.
Tu es nue au miroir, et caresses tes seins.
Ton beau corps me revient par le miroir complice.
A l'ombre de tes reins, aux lumières de ta cuisse,
à ton sein qui frémit, à tes mains qui quémandent,
je reconnais Eros en vêtements de fête.
Et soudain mes deux fesses jaillies du dernier vêtement,
tu délies ma puissance et guides mon plaisir !
 
amadis jamyn etienne jodelle pierre-jean jouve  hubert juin
 
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