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denise de magny olivier de magny françois de malherbe stéphane mallarmé
clément marot louis marsolleau françois maynard guy de maupassant
jehan molinet pierre motin alfred de musset

berthe denise de magny  | 20eme siÈcle
 
Je t'aime, ô mon amant
Je t'aime, ô mon amant
Ma chair émue garde le souvenir de ton baiser
Baiser doux et subtil, tendre et profond
J'ai la hantise de ta chair pénétrant ma chair
Tu m'as fait tienne
J'ai nié le pouvoir de la chair
Blasphème !
Ô chair, divine chair
Sois bénie
Je me sens lasse
Délicieusement lasse
Je niais la volupté,
Ô crime, je t'avais reniée, ô volupté !
Je te célèbre aujourd'hui sur le mode majeur et sur le mode mineur
Ce soir je renais à l'amour
Vibration divine
Je me sens lasse, infiniment lasse
De la bonne fatigue,
De la fatigue sacrée
J'ai reçu le baiser de la communion
Et bu l'eau du baptême
Je suis ivre d'amour
Ton baiser savant et répété
A fait sourdre des profondeurs de mon être
Où il croyait pour toujours sommeiller,
Le désir ancestral des faunesses,
Ah! verse-moi, verse-moi l'ivresse
Prends-moi, prends-moi toute en ta caresse

De nos corps confondus s'élève une odeur de folie
Tes baisers ont fait chanter toutes les cordes
de mon corps tendues comme une harpe
Et je m'ouvre en un suprême appel
Pour recevoir l'offrande de ton amour
 

olivier de magny  | 1529 - 1561
 
Anne, je vous en supplie, à baiser apprenez,
Anne, je vous en supplie, à baiser apprenez,
A baiser apprenez, Anne, je vous supplie,
Car parmi les plaisirs qu'en amour on publie,
Les baisers sont divins quand ils sont bien donnés.

Je suis, et comme moi plusieurs sont étonnés,
Ayant ainsi la bouche en beauté accomplie,
Et de si bonne odeur l'ayant ainsi remplie,
Qu'à baiser un peu mieux vous ne vous adonniez.

Ce n'est pas tout d'être ensemble bec à bec,
Les lèvres se pressant d'un baiser toujours sec,
Il faut que l'une langue avec l'autre s'assemble,

Ores à son ami doucement la donnant,
Ores à son ami doucement la prenant,
La suçant, étreignant at mordant tout ensemble
 
A s'amie
J'entrevoyais sous un vêtement noir,
Le marbre blanc de ta cuisse arrondie,
Lors que ta main, jalousement hardie,
Priva mes yeux du bonheur de la voir.

Dieux! dis-je adonc, quel est votre pouvoir !
Quel est le teint de sa cuissse embellie !
Quelle est l'ardeur de mon âme assaillie,
Et sa douceur qui me paist d'un espoir !

Ni les crayons de Tymanthe ou d'Apelle,
Ni les ciseaux d'un nouveau Praxitelle,
Nous la feindraient si divinement bien ...

Qu'ainsi ta main plus benigne devienne,
Me faisant voir cette colonne tienne
Sur qui fleurit ton jardin Cyprien.
 

françois DE malherbe  | 1555 – 1628
 
Là ! Là ! pour le dessert,
Là ! Là ! pour le dessert, troussez moi cette cotte,
Vite, chemise et tout, qu'il n'y demeure rien
Qui me puisse empêcher de reconnaître vien
Du plus haut du nombril jusqu'au bas de la motte.

Là, sans vous renfrogner, venez que je vous frotte,
Et me laissez à part tout ce grave maintien :
Suis-je pas votre coeur ? estes vous pas le mien ?
C'est bien avec moi qu'il faut faire la sotte !

- Mon coeur, il est bien vrai, mais vous en faites trop :
Remettez vous au pas et quittez ce galop.
- Ma belle, baisez moi, c'est à vous de vous taire.

- Ma foi, cela vous gâte au milieu du repas...
- Belle, vous dites vrai, mais se pourrait-il faire
De voir un si beau con et ne le foutre pas ?
 
J'avais passé quinze ans les premiers de ma vie,
J'avais passé quinze ans les premiers de ma vie,
Sans avoir jamais su quel était cet effort,
Où le branle du cul fait que l'âme s'endort,
Quand l'homme a dans un con son ardeur assouvie.

Ce n'était pas pourtant qu'une éternelle envie,
Ne me fît désirer une si douce mort.
Mais le vit que j'avais n'était pas assez fort,
Pour rendre comme il faut une dame servie.

J'ai travaillé depuis et de jour et de nuit,
A regagner ma perte, et le temps qui s'enfuit,
Mais déjà l'Occident menace mes journées,

Ô Dieu je vous appelle, aidez à ma vertu,
Pour un acte si doux allongez mes années,
Ou me rendez le temps que je n'ai pas foutu.
 
Sitôt que le sommeil, au matin, m'a quitté
Sitôt que le sommeil, au matin, m'a quitté,
Le premier souvenir est du con de Nérée,
De qui la motte ferme et la barbe dorée
Egale ma fortune à l'immortalité.

Mon vit, dont le plaisir est la félicité,
S'allonge incontinent à si douce curée,
Et d'une échine roide, au combat préparée,
Montre que sa colère est à l'extrémité.

La douleur que j'en ai montre sa patience,
Car de me le mener, c'est cas de conscience ;
Ne me le mener point, ce sont mille trépas.

Je le pense flatter afin qu'il me contienne,
Mais en l'entretenant je ne m'aperçois pas
Qu'il me crache en la main sa fureur et la mienne.
 

stéphane mallarmé  | 1842 - 1898
 
Mignonne, sais-tu qu’on me blâme
Mignonne, sais-tu qu'on me blâme
De t'aimer comme je le fais ?
On dit que cela, sur mon âme !
Aura de singuliers effets ;
Que tu n'es pas une duchesse,
Et que ton cul fait ta richesse,
Qu'en ce monde, ou rien n'est certain,
On peut affirmer une chose :
C'est que ton con vivant et rose
N'est que le con d'une putain !
Qu'est-ce que cela peut foutre ?
Lorsqu'on tient ces vains propos,
Je les méprise, et je passe outre,
Alerte, gaillard et dispo !
Je sais que près de toi je bande
Vertement, et je n'appréhende
Aucun malheur, sinon de voir,
Entre mes cuisses engourdies,
Ma pine flasque et molle choir !...
 
Une négresse par le démon secouée
Une négresse par le démon secouée
Veut goûter une enfant triste de fruits nouveaux
Et criminels aussi sous leur robe trouée,
Cette goinfre s'apprête à de rusés travaux :

À son ventre compare heureuses deux tétines
Et, si haut que la main ne le saura saisir,
Elle darde le choc obscur de ses bottines
Ainsi que quelque langue inhabile au plaisir.

Contre la nudité peureuse de gazelle
Qui tremble, sur le dos tel un fol éléphant
Renversée elle attend et s'admire avec zèle,
En riant de ses dents naïves à l'enfant :

Et, dans ses jambes où la victime se couche,
Levant une peau noire ouverte sous le crin,
Avance le palais de cette étrange bouche
Pâle et rose comme un coquillage marin.
 

clément marot  | 1496 - 1544
 
Baiser souvent n'est-ce pas grand plaisir ?
Baiser souvent n'est-ce pas grand plaisir ?
Dites oui, vous autres amoureux ;
Car du baiser vous provient le désir
De mettre en un ce qui était en deux.
L’un est très bon, mais l’autre vaut trop mieux :
Car le baiser sans avoir jouissance,
C’est un plaisir de fragile assurance ;
Mais tous les deux alliés d’un accord
Donnent au cœur si grande réjouissance,
Que tel plaisir met oubli à la mort.
 
Blason du beau tétin
Tétin refait, plus blanc qu'un oeuf,
Tétin de satin blanc tout neuf,
Tétin qui fait honte à la rose,
Tétin plus beau que nulle chose,
Tétint dur, non pas tétin, voire,
Mais petite boule d'ivoire,
Au milieu duquel est assise
Une fraise, ou une cerise,
Que nul ne voit, ne touche aussi
Mais je gage qu'il est ainsi.
Tétin donc au petit bout rouge,
Tétin qui jamais ne se bouge,
Soit pour venir, soit pour aller,
Soit pour courir, soit pour baller.
Tétin gauche, tétin mignon,
Toujours loin de mon compagnon,
Tétin qui porte témoignage
Du demeurant du personnage.
Quand on te voit, il vient à maint
Une envie dedans les mains
De te tâter, de te tenir;
Mais il se faut bien contenir
D'en approcher, bon gré ma vie,
Car il viendrait une autre envie.
Ô tétin ni grand, ni petit,
Tétin mûr, tétin d'appétit,
Tétins qui nuit et jour criez :
"Mariez-moi tôt, mariez !"
Tétin qui t'enfle, et repousses
Ton gorgerin de deux bons pouces,
A bon droit heureux on dira
Celui qui de lait t'emplira,
Faisant d'un tétin de pucelle
Tétin de femme entière et belle.
 
De celui qui ne pense qu'en sa mie
Toutes les nuits, je ne pense qu'en celle
Qui a le corps plus gent qu'une pucelle
De quatorze ans, sur le point d'enrager
Et au-dedans un coeur (pour abréger)
Autant joyeux qu'eu donc damoiselle.
Elle a beau teint, un parler de bon zèle,
Et le tétin rond comme une groselle
N'ai-je donc pas bien cause de songer
Toutes les nuits ?

Touchant son coeur, je l'ai en ma cordelle,
Et son mari n'a sinon le corps d'elle :
Mais toutefois, quand il voudra changer,
Prenne le coeur : et pour le soulager
J'aurai pour moi le gent corps de la belle
Toutes les nuits.
 
Des cinq points en amour
Fleur de quinze ans (si Dieu vous sauve et garde)
J'ai en amours trouvé cinq points exprès :
Premièrement, il y a le regard,
Puis le devis, et le baiser après ;
L'attouchement le baiser suit de près,
Et tous ceux-là tendent au dernier point,
Qui est, et quoi ? Je ne le dirai point :
Mais s'il vous plaît en ma chambre vous rendre,
Je me mettrai volontiers en pourpoint,
Voire tout nu, pour le vous faire apprendre.
 
D'un moine et d'une vieille
Un moine un jour jouant sur la rivière
Trouva la vieille en lavant ses drapeaux,
Qui lui montra de sa cuisse heronière (1)
Un feu ardent où joignaient les deux peaux.
Le moine eut coeur, lève ses oripeaux,
Il prend son chose, et puis s'approchant d'elle :
Vieille, dit-il, allumez ma chandelle.
La vieille alors lui voulant donner bon,
Tourne son cul, et répond par cautelle, (2)
Approchez-vous et soufflez au charbon.

(1) sec et longue (comme chez le héron)
(2) par ruse

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 
J'ai en amours trouvé cinq points exprès
J'ai en amours trouvé cinq points exprès :
Premièrement, il y a le regard,
Puis le parler, et le baiser après ;
L'attouchement le baiser suit de près,
Et tous ceux-là tendent au dernier points,
Qui est, et quoi ? Je ne le dirai point :
Mais s'il vous plaît en ma chambre vous rendre,
Je me mettrai volontiers en pourpoint,
Voire tout nu, pour le vous faire apprendre
 

louis marsolleau  | 1864 - 1935
 
La branleuse
Caro n’est pas très jolie
Et tu t’étonnes tout bas
Que sa bourse soit remplie
Quand Margot, Jeanne ou Julie
Ont nib de nib dans leur bas.

C’est avec - si j’ose dire –
Sa main qu’elle fait son pied
Et dégote au tire-tire
« Ces cinq doigts, c’est une lyre ! »
Le potache et le troupier !

Cette main t’économise
Tous les frais d’hôtel garni.
Tu la sens sous ta chemise,
Découvrir la chair promise
Et pincer la pie au nid

Elle entre dans ta braguette
Vive comme un écureuil ;
Change en bâton ta baguette ! …
Et nargue au sergot qui guette
Le banc qui vous loge à l’œil.

Cette main va, vient, te serre
Se relâche par instants,
Trotte, s’il est nécessaire
Et tu sens qu’elle est sincère
A des arrêts palpitants !

Car elle sait faire attendre,
Et prolonge le plaisir
Jusqu’au point où las de tendre,
Jailli en sa paume tendre
L’achèvement du désir ! …

C’est pourquoi Caro – Marquise !
Oh ! si votre main daignait ?...
- Jouira bientôt, l’exquise,
D’une » fortune conquise
A la force du poignet
 
La solitaire
Dans le fauteuil bleu, large comme un lit,
Aux bras enlaçants comme une caresse,
Elle est toute nue et toute en ivresse,
Devant la candeur du miroir poli.
Un signe coquet qui semble un grain d'orge,
Tressaille et tressaute en brusques élans,
Entre ses deux seins gonflés et brûlants,
Ses cheveux défaits roulent sur sa gorge.
Le cou renversé, le flanc qui se tord,
Les jarrets tendus, ses cuisses ouvertes,
Tout son corps se cambre, et ses doigts alertes
Fouillent l'ombre rose où frise de l'or !
Vite ! vite ! et toujours plus vite !
Sa main s'accélère et son bras frémit ;
Ses yeux tournoyants sont clos à demi
Et son ventre blanc s'élève et palpite !
Vite ! encor plus vite ! un rauque soupir !
Un sourire étrange ! Elle a rendu l'âme...
Et sa main s'arrête, et sa chair se pâme;
Son souffle pressé paraît s'assoupir...
Plus rien ! Le silence ! Elle est toute pâle !...
Soudain, le désir la reprend, la tient.
Sa hanche se crispe et sa main... revient.
Vite ! vite ! vite ! et vite !... Elle râle !
Le soir tombe ; et tout d'ombre se remplit.
On ne perçoit plus que des profils vagues...
A peine peut-être un reflet de bagues
Éperdument tremble au miroir poli!...
 
Line
Viens t'assoir sur mon dard enduit de vaseline
Car je connais tes goûts, ma vicieuse Line,
Et qu'il te faut sentir
Un gros membre enfoncé dans tes chairs élastiques,
Cependant que d'un doigt prompt à te divertir
Par-devant tu t'astiques.

Sur ce clou palpitant assise sans bouger,
Tu n'attends le plaisir que de ton doigt léger,
Mais sitôt qu'il s'amène,
Lancinant et rapide, infernal et profond,
Ton corps comme en fureur sur mon dard se démène
Pour l'entrer jusqu'au fond !
 

françois de maynard  |  1582 - 1646
 
Belle
Belle, qui sans fouteur foutez,
Prenant plaisir quand vous frottez
Votre doigt contre votre motte,
Délaissez ce foutre imparfait,
Et d'un vit aussi long qu'un trait
Permettez que je vous la frotte.

Je suis un fort brave fouteur,
Qui fout de courage et de cœur,
Ayant quelque belle angélique ;
Mais si le sujet n'est bien beau,
J'aime mieux contre un poteau
A mon aise branler ma pique.

Le plaisir de foutre est si doux ;
Belle, pourquoi ne foutez-vous ?
On a bien foutu pour vous faire.
Pour moi, je veux foutre en tout lieux,
Dussé-je perdreles deux yeux,
Ayant un vit de quoi le faire.

Même je veux dedans l'enfer
Foutre en dépit de Lucifer,
Malgré Pluton et Prospérine,
Et les grands diables et petits,
Pour assouvir les esprits
Qui foutimassent ma poitrine.
 
Jeanne dont les yeux m'ont vaincu
Jeanne dont les yeux m'ont vaincu
Cesse de rougir et de craindre :
Le feu d'amour brûle ton cul
Et mon vit a de quoi l'éteindre.

Il faut donner dans le plaisir
Tu n'auras que trop de loisir
De faire la prude et la chaste...
 
Que sert-il d'user de remise ?
Que sert-il d'user de remise ?
Jeanne, voici le mois d'avril,
Çà ! que je trousse ta chemise
Jusqu'au-dessus de ton nombril.

Eh ! que penses-tu que te dit
L'incomparable mélodie
Dont le rossignol nous ravit ?

Il dit que tu n'es pas sage
De refuser ton pucelage
A la fureur d'un jeune vit.
 
Vous me défendez, Madeleine,
Vous me défendez, Madeleine,
De retourner jamais chez vous,
Si, promptement, je ne vous fous
Deux ou trois fois sans rendre haleine.
En la perte de votre amour,
Qu'en vous chevauchant nuit et jour,
J'ai si chèrement conservée
Je sens des regrets bien cuisants,
Mais pour une telle corvée
Je n'ai plus mes reins de seize ans.
 

guy de maupassant  | 1850 - 1893
 
L'affinité des chairs
Je ne l'entendais pas, tant je regardais,
Par sa robe entr'ouverte, au loin je me perdais,
Devinant les dessous et brûlé d'ardeurs folles ;
Elle se débattait, mais je trouvais ses lèvres !
Ce fut un baiser long comme une éternité
Qui tendit nos deux corps dans l'immobilité.
Elle se renversa, râlant sous ma caresse ;
Sa poitrine oppressée et dure de tendresse
Haletait fortement avec de longs sanglots.
Sa joue était brûlante et ses yeux demi-clos ;
Et nos bouches, et nos sens, nos soupirs se mêlèrent
Puis, dans la nuit tranquille où la campagne dort,
Un cri d'amour monta, si terrible et si fort
Que des oiseaux dans l'ombre effarés s'envolèrent.
Ainsi que deux forçats rivés aux mêmes fers
Un lien nous tenait, l'affinité des chairs.
 

69 – Salut, grosse Putain...

Salut, grosse Putain, dont les larges gargouilles
Ont fait éjaculer trois générations,
Et dont la vieille main tripota plus de couilles
Qu’il n’est d’étoiles d’or aux constellations !
J’aime tes gros tétons, ton gros cul, ton gros ventre,
Ton nombril au milieu, noir et creux comme un antre
Où s’emmagasina la poussière des temps,
Ta peau moite et gonflée, et qu’on dirait une outre,
Que des troupeaux de vits injectèrent de foutre
Dont la viscosité suinte à travers tes flancs !

Ca, monte sur ton lit sans te laver la cuisse ;
Je ne redoute pas le flux de ta matrice ;
Nous allons, s’il te plaît, faire soixante-neuf !
J’ai besoin de sentir, ainsi qu’on hume un œuf,
Avec l’acre saveur des anciennes urines,
Glisser en mon gosier les baves de ton con,
Tandis que ton anus énorme et rubicond
D’une vesse furtive égaye mes narines !
Je ne descendrai point aux profondeurs des puits ;
Mais je veux, étreignant ton ventre qui chantonne,
Boire ta jouissance à son double pertuis
Comme boit un ivrogne au vagin d’une tonne !
Les vins qui sont très vieux ont toujours plus de goût !
En ta bouche à chicots, pareille aux trous d’égout,
Prends mon braquemard dur et gros comme une poutre.
Promène ta gencive autour du gland nerveux !
Enfonce-moi deux doigts dans le cul si tu veux !
Surtout ne crache pas quand partira le foutre !

 

jehan molinet  |  1435 - 1507
 
Cette fillette à qui le tétin point
Cette fillette à qui le tétin point,
Qui est si gente et a les yeux si verts,
Ne lui soyez ni rude ni divers,
Mais traitez la doucement et à point.

Dépouillez vous et chemise et pourpoint,
Et la jetez sur un lit à l'envers,
Cette fillette à qui le tétin point.

Desserrez lui les genoux bien à point,
En devisant de plusieurs mots couverts,
Incontinent que* les verrez ouverts
Donnez dedans, et ne l'épargnez point,
Cette fillette à qui le tétin point.vv

* et au moment où vous...
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 
Cons barbus rebondis et noirs
Cons barbus rebondis et noirs,
Aux étuves rasés et lavés,
Faites, si fait vous ne l'avez
En temps et en lieu vos devoirs :
Acquitez vous et matins et soirs
De faire ce que vous savez,

Cons barbus.

N'épargnez chambres ni manoirs,
Cependant que le temps avez :
Ne vous feignez, mais observez
Le plaisir de tous vos devoirs,

Cons barbus.
 

pierre motin  | 1566 - 1612
 
Doux antre, où mon âme guidée
Doux antre, où mon âme guidée
Met son désir audacieux,
Clos à mes mains, clos à mes yeux,
Et découvert à mon idée.

Tertre qu'un lis dore la bouche,
De qui le dessous enflammé
Ressemble un oeillet mi fermé,
Alors que le soleil se couche.

Brun séjour et secrête arcade,
Au fond de vermeil éclatant,
Et qui le marbre va imitant
Et le dessus d'une grenade.

Beau crêpe, qui dessus blondoie,
Le plus fin qu'on puisse trouver ;
Amour lui-même en fit le ver,
Et lui-même en fila la soie.

Toison d'or, d'amour enseignée,
Où mon désir est arrêté,
Ainsi qu'une mouche en été
Dans les filets d'une araignée.

Petit gazon fait d'une rose
Gros comme un coing en sa couleur,
Ne laisse pas sécher ta fleur
A faute qu'aucun ne l'arrose.
 
Le pigeon fout la colombelle,
Le pigeon fout la colombelle,
Le coq fout la poule souvent,
Et le moyneau, moins continent,
Fout et refout la passerelle.

Ceste mignarde Tourterelle
A foutre a du contentement,
Le cheval saute la Jument,
Le taureau la Genisse appelle.

Il n'est animal montagnard,
Tygre, Grifon, ny Leopard,
Lyon, ne Dragon, qui ne foute.

Pourquoy avons nous des Couillons,
Sinon pour foutre, compagnons,
Suyvans de nos Peres la route?
 
Sonnet
Marie, à dire vrai, tu es la plus galante
Qui se puisse trouver entre milles beautés ;
Ton courage et ton port nous tiennent arrêtés
Tous à idolâtrer ta façon attrayante ;

Ton visage, adouci d'une voix si riante,
Tes yeux égratignant et tes sourcils voûtés,
Tes déliés cheveux, en replis frisottés,
T'élève au-delà de la belle Atalante ;

Mais tu n'as pas encore un courage parfait :
Nature t'a fournie un corsage bien fait,
Mais un con renfrogné, dont l'ouverture ronde

Assise est platement et sans aucun gazon,
Et c'est ce qui déplait à tous les vits du monde :
Une beauté se rend parfaite par son con.
 
Stances
Ces petits Cons, dont l'on fait fête,
Où le Vit ne met que la tête,
N'assouvissent point mon désir ;
J'aime les Cons de belles marges,
Les grands Cons qui sont gros et larges,
Où je m'enfonce à mon plaisir.

Les Cons si étroits de clotûre
Et le laissent sans mouvement ;
J'aimerais mieux branler la pique
Que de foutre en paralitique :
Le plaisir git au remument.

Dans le grand Con de ma Maîtresse,
Mon Vit peut montrer son adresse,
Aller le trot, aller le pas,
Chercher partout son avantage,
Et monter d'étage en étage,
Maintenant haut, maintenant bas.

Comme le Monarque des Perses,
Jadis, par les saisons diverses,
Avait de diverses maisons,
D'un vit la majesté suprème
Dans un grand Con peut, tout de même,
Se loger en toutes saisons.

Foutre du Con de ces pucelles,
Serrez comme des escarcelles,
Où le Vit n'est en liberté !
J'ai, dans le Con de ma voisine,
Ma chambre, anti-chambre et cuisine,
Logis d'hiver, logis d'été.
 

alfred de musset  | 1810 - 1857
 
Ce qu'il me faut
Chantez, chantez encore, rêveurs mélancoliques,
Vos doucereux amours et vos beautés mystiques
Qui baisent les deux yeux
Des paroles du cœur, vantez-moi la puissance,
Et la virginité des robes d'innocence,
Et les premiers aveux.

Ce qu'il me faut à moi, c'est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie
Qui se pâme et se tord ;
Qui s'enlace à vos bras dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !

C'est une femme ardente autant qu'une espagnole,
Dont les transports d'amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit ;
C'est une passion forte comme la fièvre,
Une lèvre de feu qui s'attache à ma lèvre
Pendant Une nuit !

C'est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Une lèvre de feu d'où jaillit la pensée ;
Ce sont surtout deux seins,
Fruits d'amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,
Qu'on prend à pleines mains.

Eh bien ! venez encor me vanter vos pucelles
Avec leurs regards froids, avec leurs tailles frêles,
Frêles comme un roseau ;
Qui n'osent d'un seul doigt vous toucher, ni rien dire,
Qui n'osent regarder et craignent de sourire,
Ne boivent que de l'eau.

Non ! vous ne valez pas, ô tendre jeune fille,
Au teint frais et si pur caché sous la mantille,
Et dans le blanc satin,
Non, dames de grand ton, en tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, femmes dites honnêtes,
Un amour de catin !
 
denise de magny olivier de magny françois de malherbe stéphane mallarmé
clément marot louis marsolleau françois maynard guy de maupassant
jehan molinet pierre motin alfred de musset
 
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