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des textes licencieux
r
 
françois rabelais raymond radiguet mathurin régnier  jean richepin arthur rimbaud
catherine ringer pierre de ronsard  

François rabelais  |  ~1490 - 1553
 
Les fanfreluches antidotées
Voici venu le grand dompteur des cimbres (1)
Vesant par l’aer (1) de peur de la rousée (2)
A sa venue, on a rempli les timbres
De beurre frais tombant par une housée (1) ;
Duquel quand fut la grand-mère (3) arrosé,
Cria tout haut « Hers (1), par grâce, pêchez-le :
Car sa barbe est presque tout embousée ; (4)
Ou pour le moins, tenez-lui une échelle (3). »

D’aucuns disaient que lécher sa pantoufle
Etait meilleur que gagner les pardons ;
Mais il survint un affecté marroufle,
Sorti du trou [l’anus] où l’on pèche aux gardons,
Qui dit : « Messieurs, pour dieu, nous en gardons !
L’anguille y est, et en cet étau musse (5)
Là trouverez (si de près regardons)
Une grand tare (1) au fond de son aumusse. » (6)

Quand fut au point de lire le chapitre,
On n’y trouva que les cornes d’un veau :
« Je (disait-il) sens le fond de ma mitre
Si froid, qu’autour m’enrhume le cerveau. » (7)
On le chauffa d’un parfond de naveau, (8)
Et fut content de se tenir sur un astre (1)
Pourvu qu’on donne un limonnier (3) nouveau
A tant de gens qui sont acariâtres. (9)

Notes d'interprétation argotique en partie issues de la traduction
de ce texte par Thierry Martin dans sa Poésie homosexuelle en jobelin... :
(1) Pénis, phallus
(2) pétant sur les pénis de peur qu’ils éjaculent
(3) cul
(4) ses poils sont plein de merde
(5) caché
(6) fourreau
(7) me fait éjaculer
(8) de navets par le fondement (par-fond)
(9) fous (ST Acariate guérissait les fous) : au sens de folles, homosexuels

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

raymond radiguet | 1903 - 1923
 
Bilboquet dont je suis la tige
Bilboquet dont je suis la tige
Sur laquelle est tombé ton corps,
Je comprends bien qu'un jeu pareil
Puisse te donner le vertige !

Aussi afin de satisfaire
Les désirs que loges en toi
L'amour ne les veut qu'à l'étroit
–Rends-moi mignonne la pareille

C'est à ma tige alors de faire
Les doux mouvements de recul
Capables d'émouvoir ton cul
Mais non ta coquille d'amour

Puisque le sang rosit encor
L'entrecuisse où tu me préfères.
 
Champigny, grâces canotières
Champigny, grâces canotières —
L'amour taquinant le goujon
Dissimulait entre les joncs
Quelques coeurs et une chaumière.

La chaumière où je t'ai connue
Marie que je n'aimais que nue,
C'était aussi à Champigny
Les parapluies en champignons
Poussaient d'un coup sur l'avenue.

Mais moi, pensant à la cueillette,
Je plantais dans ton sexe herbu
Un cèpe sur lequel tu bus
La rosée de l'aube défaite.

Orages du cœur, dont vainqueur
Il conviendrait que je sortisse
Vos échos en moi retentissent
Lorsque nous sommes cœur à cœur.
 
Ebauches
En jupe-culottes
Un soir à Joinville
Vénus la salope
M’a sucé la bite

Son joli chignon
En papier doré
Me faisait bander
Comme un cuirassier

Puis nous nous branlâmes
Le con et la trique
Attendant un tram
Pour la république
 
Nymphe émue
De ta tête, ôte ce panier,
Naguère débordant de fraises,
C'est en prendre trop à ton aise,
Tant bien que mal, nymphe, élevée.

Car sur les cendres de tes fraises
Les bravos ont fait relever
Le tulle du lit où repose
La source d'hier, qui se tut.

Nymphe, m'apprivoisent tes cuisses,
Tes jambes à mon cou, statue,
Je courrais comme ondes bondissent,
En arrivant en bas se tuent.

Obligé qui voudrait y boire
Biche, de se mettre à genoux.
Nymphe pensionnaire des bois
Me conviant à ce goûter,

Pour que commodément je puisse
Tes sauvages fraises brouter,
Demande aux ronces de ces bois
De lever ton tablier noir :

Ardeur de cheminée, à nous
Forestière tu te révèles,
Ton feu je l'allume à genoux
Comme aux sources lorsqu'on y boit.
 
Usée
Usée elle comme un vieux sou
Que pour porter bonheur l'on troue
Pour distinguer face de pile
Il convient de n'être pas soûl

Pile, fesses endolories
Par le dur pilon des amants
Face, avers d'un envers charmant
Qui semble buisson ou praire,

Dans un êève où tu figurais
Entre une ruche d'écolières
Aux cheveux en nattes tressés.
La châtaine ainsi que la brune

Non contentes d'une bougie
Cherchaient à prendre en leurs filets
Un lycéen couleur de lune
Qui enseignerait à chacune

L'art d'agacer le chat perché
Dans la niche où il s'est caché.
 

mathurin régnier  | 1573 - 1613
 
Eloge du con
Ô con gentil, con mignon, con joli,
Con rondelet, con net, con bien poli,
Con ombragé d'un petit poil follet,
Con où il n'y a rien de difforme ou laid ;
Con, petit con, dont la bouche vermeille
A fait dresser à maint grand vit l'oreille ;
Con que l'on doit, plus qu'un saint, tenir cher,
Quand ainsi fait ressusciter la chair.
Ô con, qui peut à ta louange tendre ?
Où est l'engin qui te puisse comprendre ?
Con est d'amour le trésor et domaine,
Con, la forge de quoi nature humaine
Fait ses divins et excellents ouvrages,
Con est de mort réparant les dommages ;
Con est la fin dont l'amour se couronne,
Con est le prix dont amour se guerdonne.
Somme, le con, quand tout est bien compris,
Sur le surplus doit emporter le prix.
Il est bien vrai que l'œil l'amour attire,
Mais le con est l'amour qui se désire.
Or de la bouche elle a bien bonne grâce
Et croit pour vrai que la première place
Doit obtenir au service du con,
Car trop mieux qu'autre elle sait sa leçon.
Pour refuser ou accorder l'entrée
De l'amoureuse et plaisante contrée ;
Touchant la main elle est propre et aduicte.
Pour con servir de loyale conduite,
Etre près lui, et prompt à ses affaires
Les plus secrets et les plus nécessaires.
De ce tétin il n'en faut point mentir,
Je ne sais quoi à qui le coeur sentir
Prochain parent et de nature même
De ce con-ci, qui est cher comme crème,
Quant au regard de sa cuisse, bien faite,
Blanche, élevée, ronde, dure et refaite,
C'est le beau lit où le con se repose
Ce con plaisant, ce con tant digne chose,
Que je puis dire, et sans imputer vice
Au résidu, tout fait pour son service :
"Doncques de corps entier au départi,
Je prends le con pour meilleur parti."
 
Epigrammes
Jeunes esprits qui ne pouvez comprendre
Comme il vaut faut gaigner le jeu d'aimer
Le jeu de paume à tous vous peut apprendre
Qu'amour se doit pour la belle estimer.
Le premier coup que quinze il faut nommer
C'est le devis, pui sle baiser le trente,
Et puis toucher du tétin à la fente,
Quarante-cinq doit compter l'amoureux,
Mais pour gaigner le jeu qui tant contente,
Il faut frapper tout droit dans l'entredeux.
***
Un bon Coüillaud voyant sa chambrière
Belle de corps et propre à soutenir
Quelque grand faix en chambre de derrière,
Monta dessus, puis soudain vient venir
Sa femme oyant ce bruit qui dit holà,
Qui vous a mis tous deux en ce point là ?
Est-ce l'amour qu'à moi avez enclose ?
Ha ! mon mari, je ferais bien cela
Ma chambrière eut bien fait autre chose.
***
Avant hier mon maitre m'accola
Dessus un banc où me trouva assise,
Et puis me dit, m'amie faissons cela,
Car c'est un jeu que tout le monde prise.
Au même instant rebroussa ma chemise
Puis me coucha pour le faire à son aise,
Ou lors je fis quelque peu la mauvaise,
Ne cognoissant le goût de ces ébas,
Après je dis: je veux bien qu'on me baise
Tout aussitôt que j'aurai le cul bas.
***
Un galland le fit et refit
A une fille en s'esbatant
Et puis après le satisfit,
D'un bel escu d'or tout contant,
Ma foi je n'en aurai point tant,
Dit la fillette, c'est beaucoup:
Serrez cela, dit-il tout à coup,
Lors ce dic la fille au corps gent,
Faites le donc encore un coup,
Pour le surplus de votre argent.
***
Elle disait: faites tous bellement,
Hé! mon ami, j'ai la cuisse écorchée,
Mais puis après se sentant échauffée
Dict tost, tost, tost, las! frappez hardiment
Ne vraignez point que je sois affaiblie,
Pour endurer un mal si doucement
 
Eh bien mon doux ami
Eh bien mon doux ami, comment vous portez-vous?
Etes-vous satisfait du con de Magdelaine ?
Quant à moi, je suis bien, j'ai le vit en haleine,
Tout prêt comme il me semble à foutre quatre coups.
Je prends tant de plaisir à l'heure que je fous
Et que Rose sous moi à foutre se démène,
Que l'aise de mon âme au bout du vit la mène
Pour faire n lit d'honneur entre ses deux genoux.
Mon vit en y pensant se raidit et se hausse,
Tellement que sa forme apparaît par dehors ;
Au souvenir de Rose, et fait lever ma chausse.
Rose de qui le con a des roses les bords,
Où je voudrais fourrer les couilles et le corps
Et là, comme un anchois, me fondre tout en sauce !
 
La grande volupté qu'on reçoit en foutant !
La grande volupté qu'on reçoit en foutant !
Le suave nectar que le foutre liquide !
L'ambroziage doux qui fait comble le vide,
Pour qui le bon fouteux, hardi se va battant.

Le plaisir que l'on a, que l'on va recherchant
Les chambrettes d'un con, que la douceur humide
Fait branler un gros cul, en servant de doux guide
Au foutre foutatif qui coule en culetant.

Mignon, mon petit mignon, je t'honore tout outre.
Qui veut vivre en ennui, il faut vivre sans foutre ;
Non je le ferai tant, et veux que mes couillons

Gambadent près d'un cul en écumant de rage.
Ah, c'est un grand plaisir de manger son potage
Trempé deux ou trois fois en de si gras bouillons.
 

jean richepin  | 1849 - 1926
 
La salive de tes baisers
La salive de tes baisers sent la dragée
Avec je ne sais quoi d'une épice enragée,
Et la double saveur se confond tellement
Que j'y mange à la tois du sucre et du piment.
C'est dans le même instant l'eau courante et la braise ;
C'est plus chaud qu'un alcool et plus frais qu'une fraise ;
Et ton souffle s'y mêle et me monte au cerveau
Comme le vent du soir grisé de foin nouveau.
 
Tu dors ? Ce n'est pas vrai,
Tu dors ? Ce n'est pas vrai, folle, tu fais semblant
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance,
Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.
 

arthur rimbaud  | 1854 - 1891
 
Jeune goinfre
Casquette,
De moire,
Quéquette
D’ivoire,

Toilette
Très noire,
Paul guette
L’armoire,

Projette
Languette
Sur poire,

S’apprête,
Baguette,
Et foire.
 
La serveuse
Verger de la Christine aux relents de cloaque,
Buisson mouillé portant quelques morpions pour baies,
Une motte à feux roux comme la haie
En août d'une femme sans époques.

Mais quelles fesses, voyez-vous !
Fesses magistrales, comtales, princières,
Bonnes à condamner à la dossière
La verge ponceau des récureurs d'égouts.

Mais la langue vive et la bouche
Baveuse et buveuse d'orgeats !
Langue fourrée, langue pineuse d'entrechats
Ou d'entre-fesses ! Et les chibres qu'elle débouche !

Goulot d'amour, sa poitrine fleurie, ô ses seins !
Mammes roussottes ! Son anus rond : mon ergastule.
- Gare, Christine ! si jamais je pars et te décule
Et te brise les colonnades du bassin.
 
L’Idole | Sonnet du Trou du Cul
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
Des Fesses blanches jusqu’au coeur de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C’est l’olive pâmée, et la flûte caline,
C’est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !
 
Les anciens animaux...
Les anciens animaux saillissaient, même en course,
Avec des glands bardés de sang et d'excrément.
Nos pères étalaient leur membre fièrement
Par le pli de la gaine et le grain de la bourse.

Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide grément :
Même un Kléber, d'après la culotte qui ment
Peut-être un peu, n'a pas dû manquer de ressource.

D'ailleurs l'homme au plus fier mammifère est égal ;
L'énormité de leur membre à tort nous étonne ;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval

Et le bœuf ont bridé leurs ardeurs, et personne
N'osera plus dresser son orgueil génital
Dans les bosquets ou grouille une enfance bouffonne.
 
Nos fesses ne sont pas les leurs
Nos fesses ne sont pas les leurs. Souvent j'ai vu
Des gens déboutonnés derrière quelque haie,
Et, dans ces bains sans gêne où l'enfance s'égaie,
J'observais le plan et l'effet de notre cul.

Plus ferme, blême en bien des cas, il est pouvu
De méplats évidents que tapisse la claie
Des poils ; pour elles, c'est seulement dans la raie
Charmante que fleurit le long satin touffu.

Une ingéniosité touchante et merveilleuse
Comme l'on ne voit qu'aux anges des saints tableaux
Imite la joue où le sourire se creuse.

Oh ! de même être nus, chercher joie et repos,
Le front tourné vers sa portion glorieuse,
Et libres tous les deux murmurer des sanglots ?
 
Première soirée
Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.

Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.

- Je regardai, couleur de cire
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, - mouche ou rosier.

- Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.

Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : “Veux-tu en finir !”
- La première audace permise,
Le rire feignait de punir !

- Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
- Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : “Oh ! c’est encor mieux !

Monsieur, j’ai deux mots à te dire…”
- Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien…

- Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
 

Catherine ringer (les rita mitsouko)  |  album "acoustiques" 1996
 
La Taille du Bambou
Ah, c'est beau, c'est chaud, c'est bon...
Cool... et agréable...
Cool... émouvant...

La taille du bambou
Pour faire une flûte
Et bien qu'elle jute
Toujours au goût du jour ?
Eh bien oui
C'est oui.

C'est une de ces choses
Que la vie propose
Et qui vaut le coup.
L'affaire est close
Une fois qu'on ose
On y prend goût.

Accélère, et stop
Accélère, accélère, accélère et stop !
Déccélère ! ... et ouf...

Et pourvu que ça dure très longtemps
On fait chanter l'instrument
Passe, repasse tout autour
Presse, caresse, refais le tour
Monte, et compte redescendre
Plonge, remonte par les méandres
De la longue et profonde et tendre glisse
Délice de se rendre à la base
Ecrase la phase dans un suspens
Resserre la chair dans une absence

Reprends doucement

Exagère dans la douceur
Mets la couleur
Agenouille et fouille un peu plus vite
Le flux monte au confluent des cuisses
Et ça glisse
Et c'est agréable, émouvant, hypnotisant...

Ce geste d'amour a-t-il toujours cours ?
Et bien oui ! C'est oui !
 

pierre de ronsard  | 1524 - 1585
 
Adieu, cons rondelets, corralines fossettes,

Adieu, Cons rondelets, Corralines Fossettes,
L’Entretien de Nature et de tout l’univers;
Adieux, antre Velus, pleins de plaisirs divers,
Fontaines de Nectar, Marbrines Motelettes.

Ores (1), en votre lieu sont les fesses molettes,
Et les Culs blancs de chair, de tout Poil découverts ;
Les Culs plus que les Cons sont maintenant ouverts :
Les Mignons de la Cour y mettent leurs lancettes.

Le Roi ne m'aime point (2), pour être trop barbu ;
Il aime à semencer le champ qui n'est herbu ;
Et comme un vrai Castor, chevaucher le derrière ;vv Lorsqu'il fout les Culs, qui sont Cons rétrécis
Il tient du naturel de ceux de Medecis, (3)
Et prenant le Devant, il imite son Père !

(1) dorénavant
(2) sous Henri III Ronsard perdit sa position de poète officiel
au profit de Philippe Desportes
(3) à l'époque on attribuait aux Médecis en particulier,
et aux italiens en général, des tendances homosexuelles
Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)

 
Ah ! Je meurs ! Ah ! Baise-moy !
Ah! Je meurs! Ah! Baise-moy!
Ah! Maistresse, approche-toy!
Tu fuis comme un fan qui tremble:
Au moins souffre que ma main
S'esbate un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble
 
Douce lancette à la couleur vermeille,
Douce lancette à la couleur vermeille,
Dardant parfois la plus prompte vigueur,
Qui au toucher met le feu dans le coeur,
Assoupissant la vie qui sommeille,

Et qui savoure avecque sa pareille
Le doux friand d'une douce liqueur,
Rafraîchissant la brûlante chaleur.
Du sang bouillant sous l'ardeur non pareille;

Chatouille un peu mon maintien endormi,
Te retirant, traversant à demi
Dedans le clos de la mienne couchée,

Je te rendrai le semblable plaisir,
Qui mettra sus le plus outré désir
En attendant la lutte trébuchée.
 
Hymne à la Nuit
Nuit, des amours ministre et sergente fidele
Des arrêts de Venus, et des saintes lois d'elle,
Qui secrète acompagne
L'impatient ami de l'heure acoutumée,
Ô l'aimée des Dieux ! mais plus encore aimée
Des étoiles compagnes,
Nature de tes dons adore l'excellence :
Tu caches les plaisirs dessous muet silence
Que l'amour jouissante
Donne, quand ton obscur étroitement assemble
Les amants embrassés, et qu'ils tombent ensemble
Sous l'ardeur languissante,
Lors que l'amie main court par la cuisse, et ores
Par les tetins, auxquels ne se compare encore
Nul ivoire qu'on voie,
Et la langue en errant sur la joue, et la face,
Plus d'odeurs, et de fleurs, là naissantes, amasse
Que I'Orient n'envoie.
C'est toi qui les soucis, et les gènes mordantes,
Et tout le soin enclos en nos âmes ardantes,
Par ton présent arrache ;
C'est toi qui rend la vie aux vergers qui languissent,
Aus jardins la rosée, et aus cieux qui noircissent
Les idoles attaches.
Mets, si te plait déesse, une fin à ma peine,
Et donte sous mes bras celle qui est tant pleine
De menaces cruelles,
Afin que de ses yeux (yeux qui captifs me tiennent)
Les trop ardents flambeaux plus brûler ne me viennent
Le fond de mes mouelles.
 
Il a veu
Il a veu (vu)
Guignant à travers le feu
De sa Robine recoursée ( retroussé)
La grosse motte retroussée
Et son petit cas barbelu
D'un jaune ornement crespelu
Dont le fond semblait une rose
Non encore àn demie déclose
Robine aussi, d'une autre part
De Jacquet guignoit le Tribart
Qui lui pendait entre les jambes...
Je m'interromps, car ici, nos tourtereaux dissertent
Robine présente sa demande:

"Je te prie Jacquet, jauche moi
Et met le grand pieu que je vois
Dedans le rond de ma fossette
Le gaillard ne se fait pas prier:

"Et le bon Jacquet qui l'embroche
fis trépigner tous les Sylvains
Du dru maniement de ses reins
Morale de l'histoire: incitation à la débauche.
 
Lance au bout d'or
Lance au bout d'or qui sait et poindre et oindre,
De qui jamais la roideur ne défaut,
Quand en camp clos bras à bras il me faut
Toutes les nuis au doux combat me joindre.

Lance vraiment qui ne fus jamais moindre
A ton dernier qu'à ton premier assaut,
De qui le bout bravement dressé haut
Est toujours prêt de choquer et de poindre.

Sans toi le Monde un Chaos se ferait,
Nature manque inhabile serait
Sans tes combats d'accomplir ses offices :

Donc, si tu es l'instrument de bonheur
Par qui l'on vit, combien à ton honneur
Doit-on de voeux, combien de sacrifices ?
 
Les poètes l’ont si bien dit
Je te salue, Ô merveillette fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis;
Je te salue, Ô bienheureux pertuis,
Qui rend ma vie heureusement contente!

C’est toi qui fais que plus ne me tourmente
L’archer volant qui causait mes ennuis;
T’ayant tenu seulement quatre nuits
Je sens sa force en moi déjà plus lente.

Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil folet mollement crespelu,
Qui à ton gré domptes les plus rebelles:

Tous vers galans devraient, pour t’honorer,
A beaux genoux te venir adorer,
Tenant au poing leurs flambantes chandelles !
 
Marie, vous avez la joue aussi vermeille,
Marie, vous avez la joue aussi vermeille,
Qu'une rose de Mai, vous avez les cheveux,
De couleur châtaigne, entrefrisés de noeuds,
Gentement tortillés tout autour de l'oreille.

Quand vous étiez petite, une mignarde abeille
Dans vos lèvres forma son doux miel savoureux,
Amour laissa ses traits dans vos yeus rigoureux,
Pithon vous fit la voix à nulle autre pareille.

Vous avez les tétins comme deux monts de lait,
Caillé bien blanchement sous du jonc nouvelet
Qu'une jeune pucelle au mois de Juin façonne :

De Junon sont vos bras, des Graces votre sein,
Vous avez de l'Aurore et le front, et la main,
Mais vous avez le coeur d'une fière lionne.
 
Ode à sa maîtresse
- Pour Cassandre -

Quand au temple nous serons
Agenouillés, nous ferons
Les dévots, selon la guise
De ceux qui, pour louer Dieu,
Humbles, se courbent au lieu
Le plus secret de l'Eglise.

Mais quand au lit nous serons
Entrelacés, nous ferons
Les lassifs, selon les guises
Des amants qui, librement,
Pratiquent, folâtrement,
Dans les draps cent mignardises.

Pourquoi donc, quand je veux
Ou mordre tes beaux cheveux,
Ou baiser ta bouche aimée,
Ou tatonner ton beau sein,
Contrefais-tu la nonnain
Dedans un cloître enfermée ?

Pourquoi gardes-tu tes yeux
Et ton sein délicieux,
Ton joue, et ta bouche belle?
En veux-tu baiser Pluton,
Là-bas, après que Caron*
T'aura mise en sa nacelle ?

Après ton dernier trépas,
Grèle, tu n'auras là-bas
Qu'une bouchette blémie,
Et quand, mort, je te verrais,
Aux ombres je n'avouerais
Que jadis tu fus m'amie.

Ta tête n'aura plus de peau,
Ni ton visage si beau
N'aura veines ni artères,
Tu n'auras plus que les dents,
Telles qu'on les voit dedans
Les têtes des cimetières.

Donc, tandis que tu vis,
Change, maîtresse, d'avis,
Et ne m'épargne ta bouche :
Incontinent tu mourras,
Lors, tu te repentiras
De m'avoir été farouche.

Ah ! je meurs ! ah ! baise-moi !
Ah ! maîstresse, approche-toi !
Tu fuis comme un fan qui tremble ;
Au moins, souffre que ma main
S'ébatte un peu dans ton sein,
Ou plus bas, si bon te semble !
 
Puis mettant la bouche sienne
Puis mettant la bouche sienne
Tout à plat dessus la mienne,
Me mord et je la remords;
je lui darde, elle me darde
Sa languette frétillarde;
Puis en ses bras je m'endors,
D'un baiser mignard et long
Me resuce l'âme adonc.
Puis en soufflant la repousse,
La resuce encore un coup
Avec son haleine douce,
Tout ainsi les Colombelles
Trémoussant un peu les ailes
Hâtivement se vont baisant.
 
Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté
Plût-il à Dieu n’avoir jamais tâté
Si follement le tétin de m’amie !
Sans lui vraiment l’autre plus grande envie,
Hélas ! ne m’eût, ne m’eût jamais tenté.

Comme un poisson, pour s’être trop hâté,
Par un appât, suit la fin de sa vie,
Ainsi je vois où la mort me convie,
D’un beau tétin doucement apâté.

Qui eût pensé, que le cruel destin
Eût enfermé sous un si beau tétin
Un si grand feu, pour m’en faire la proie ?

Avisez donc, quel serait le coucher
Entre ses bras, puisqu’un simple toucher
De mille morts, innocent, me froudroie.
 
 
serge gainsbourg théophile gauthier gaultier garguille  jean genet albert glatigny
jean-baptiste de grécourt claude guichard  
 
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