ils ont ecrit pour vous
des textes licencieux
s
 
saint-amant mellin de saint-gélais albert samain  georges sand & alfred de musset
paul scarron maurice scève seinac de meilhan

marc-antoine girard de SAINT-AMANT  | 1594 - 1661
 
Sonnet
Entrer dans le bordel d’une démarche grave,
Comme un Coq qui s’apprête à jouer de l’ergot,
Demander Janneton, faire chercher Margot,
Ou la jeune Bourgeoise, à cause qu’elle est brave ;

Fureter tous les trous, jusqu’au fond de la Cave,
Y rencontrer Perrette, et daubant du gigot
Danser le branle double au son du larigot*,
Puis y faire festin d’une botte de rave :

N’y voir pour tous tableaux que quelque vieux rébus,
Ou bien quelque Almanach qui sema ses abus
L’An que Pantagruel déconfit les Andouilles,

Et du haut jusqu’au bas pour tous meubles de prix,
Qu’une vieille paillasse, un pot et des quenouilles ;
Voilà le passe-temps du Soudard de Cypris.
 

Mellin de SAINT-GELAIS  | 1491 - 1558
 
Louange de l'amour
Un jour que madame dormait,
Monsieur branlait sa chambrière
Et elle qui la danse aimait
Remuait bien fort le derrière.
Enfin la garce toute fière
Lui dit : "Monsieur, par votre foi,
Qui le fait mieux, Madame ou moi ?"
"C'est toi, dit-il, sans contredit."
"Saint Jehan, dit-elle, je le croi
Car tout le monde me le dit."
 
Rondeau sur la dispute des vits par quatre dames
La nuit passée une Dame discrète
Ayant couché en part assez secrète
A autres trois demanda par devis*
De quelle tailles étaient les meilleurs vits.
Tous sont bons, répond une maigrette,
Les longs dit l'autre aiment trop la retraite
Un vit moyen fait bien meilleure traite,
Je le sais bien, et je m'en assouvis
La nuit

La tierce dit ne faites point l' étroite,
Le grand et gros à l'atteinte plus droite,
Lors dit la Dame, après tous vos devis,
Quand la femme aime et n'a les sens ravis,
Un vit d'ami la contente et bien traite
La nuit
 

Albert SAMAIN  | 1858 - 1900
 
Hermaphrodite
Vers l'archipel limpide où se mirent les îles,
L'Hermaphrodite nu, le front ceint de jasmin,
Épuise ses yeux verts en un rêve sans fin;
Et sa souplesse torse empruntée aux reptiles,

Sa cambrure élastique, et ses seins erectiles
Suscitent le désir de l'impossible hymen.
Et c'est le monstre éclos, exquis et surhumain,
Au ciel supérieur des formes plus subtiles.

La perversité rôde en ses courts cheveux blonds.
Un sourire éternel, frère des soirs profonds,
S'estompe en velours d'ombre à sa bouche ambiguë

Et sur ses pâles chairs se traîne avec amour
L'ardent soleil païen, qui l'a fait naître un jour
De ton écume d'or, ô Beauté suraiguë
 

Georges SAND & ALFRED de MUSSET  | en 1835
 
Correspondance
Lettre envoyée par Aurore Dupin,
dite George SAND (son nom de plume) à Alfred de MUSSET
Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre
Relisez-la en sautant les lignes paires
La lettre d’Alfred de Musset
Quand je jure à vos pieds un éternel hommage
Voulez-vous qu'inconscient je change de langage
Vous avez su captiver les sentiments d'un cœur
Que pour adorer forma le Créateur.
Je vous aime et ma plume en délire.
Couche sur le papier ce que je n'ose dire.
Avec soin, de mes lignes, lisez les premiers mots
Vous saurez quel remède apporter à mes maux.
Ne lisez que les premiers mots
La réponse de Georges Sand
Cette insigne faveur que votre coeur réclame
Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.
Les deux premiers mots...

paul scarron  | 1610 - 1660
 
Pour Madame
On ne vous verra plus en posture de Pie
Dans le Cercle assoupie :
Au grand plaisir de tous et de votre jarret,
Votre Cul, qui doit être un des beaux Culs de France,
Comme un Cul d'importance,
A reçu chez la Reine enfin un tabouret.
Comme on connaît souvent une chose par l'autre,
Du Cul comme le vôtre
J'ai connu le destin voyant votre beau Nez ;
Et sans être Devin, j'ai prédit que, sans doute,
Ce Cul qui ne voit goutte
Serait vu dans le rang de nos Culs couronnés.
Notre Reine, Princesse aussi juste que sage ,
N'a pu voir davantage
Un Cul plein de mérite et très-homme de bien,
Tandis que d'autres Culs sont assis à leur aise
Au côté de sa Chaise ,
Debout, ou mal assis comme un cul bon à rien.
Ce Cul de satin blanc , dont sans doute la face
Ne fit jamais grimace,
DevAit assurément être un Cul Duc et Pair ;
Car qu'aurait-on pensé de ce qu'un Cul si sage ,
Qui vaut bien un Visage ,
N'eût pas eu, chez la Reine, où reposer sa chair ?
Que les Hommes n'ont pas pareille Destinée !
Et que vous êtes née
Sous un Astre puissant et favorable aux Culs !
Tandis que le vôtre est, près de ceux des Princesses,
Assis sur ses deux Fesses,
Le nôtre n'est assis que sur deux os pointus.
 

Maurice SCÈVE  | 1500 - 1562
 
Blason du sein
L'haut plasmateur de ce corps admirable,
L'ayant formé en membres variable
Mit la beauté en lieu plus éminent,
Mais pour non clore icelle incontinent,
Ou finir toute en si petite espace,
Continua la beauté de la face
Par une gorge ivoirine et très blanche,
Ronde et unie, en forme d'une branche,
Ou d'un pilier qui soutient ce spectacle,
Qui est d'amour le très certain oracle.
Là où j'ai fait par grand dévotion
Maint sacrifice, et mainte oblation
De ce mien coeur, qui ard sur son autel
En feu qui est à jamais immortel,
Lequel j'arrose, et asperge de pleurs
Pour eau benoîte et, pour roses et fleurs,
Je vais semant gémissements et plaints
De chants mortels environnés, et pleins,
 

Gabriel SEINAC De MEILHAN  | 1736 - 1803
 
Quand je patine un couple de tétons,
Quand je patine un couple de tétons,
Durs, arrondis, rebelles, élastiques,
Lorsque nanti de mille appas physiques,
Mon vit, en rut, décharge à gros bouillons,
Des dieux, des rois, je méprise la gloire.
Un joli con vaut mieux qu'un diadème !

Un con touffu, mutin, ingénieux,
A deviner cent tours voluptueux,
Des reins d’ivoire et des fesses de marbre,
Une Charrière à mobiles ressorts,
Qui, sans quartier, m’attaquent corps à corps,
S’unit à moi comme le lierre à l’arbre,
Qui, secondant mes amoureux efforts,
Aux coups de cul répond avec adresse,
Serre mon vit, forge les voluptés,
Et me prodigue une adorable ivresse,

Voilà mes lois et mes divinités.
Avec le sceptre, et l’encens, et l’hommage
Jamais paillard, jamais fouteur ni sage
N’ira troquer les plaisirs enchanteurs.
Laisser les cons à l’appât des honneurs,
Quand, dans mes bras lascivement serrée,
Je tiens Dubois*, demi-morte, égarée.

Ne renaissant que pour doubler l’assaut,
Mon cœur content croit tenir Cyrthérée.
Je suis de braise, et mon vit au plus haut ,
Fier de fourbir de si superbes charmes,
De Jupiter ne voudrait pas le sort,
A Frédéric** ne rendrait pas les armes,
Soutient son rang et me conduit au port.

En la formant, la divine nature
N’épargna rien : l’esprit et la beauté,
Telle est, en bref sa fidèle peinture.
Au globe entier, humaine créature
N’eut autant l’air de divinité.
 
saint-amant mellin de saint-gélais albert samain  georges sand & alfred de musset
paul scarron maurice scève seinac de meilhan
 
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