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des textes licencieux
v
 
paul valéry de la valletrye paul verlaine béroalde de verville boris vian
théophile de viau françois villon rené vivien heliette de vivonne VOLTAIRE

Paul VALÉRY  | 1871 - 1945
 
Anne qui se mélange au drap pâle
Anne qui se mélange au drap pâle et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Elle vide, elle enfle d'ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d'eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers.

Enfin désemparée et libre d'être fraîche,
La dormeuse déserte aux touffes de couleur
Flotte sur son lit blême, et d'une lèvre sèche,
Tette dans la ténèbres un souffle amer de fleur.

Et sur le linge où l'aube insensible se plisse,
Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin,
Toute une main défaite et perdant le délice
À travers ses doigts nus dénoués de l'humain.
 

SIEUR De La VALLETRYE  | vers 1600
 
D'une certaine bourgeoise
Quand Monsieur l'avocat vient au logis me voir,
Je dis à mon mary, qui en prend de l'ombrage,
Pour toujours empêcher qu'une jalouse rage
A la fin contre moi ne le puisse émouvoir :

Que Monsieur l'avocat y vient de moi savoir
Le revenu, l'argent, l'honneur, la race et l'âge
D'une certaine dame entrée en son ménage,
Que pour se marier il voudrait bien avoir ;

Si bien que mon mari fort librement nous laisse
Tout bassement parler l'un à l'autre sans cesse,
Croyant qu'un mariage est tout seul notre émoi,

Il ne se trompe pas si grandement qu'il semble,
Car Monsieur l'avocat discourt avec moi
Du mariage aussi de nos deux culs ensemble.
 

Paul VERLAINE  | 1844 - 1896
 
A madame
Quand tu m'enserres de tes cuisses
La tête ou les cuisses, gorgeant
Ma gueule de bathes délices
De ton jeune foutre astringent,

Où mordant d'un con à la taille
Juste de tel passe-partout
Mon vit point, très gros, mais canaille
Depuis les couilles jusqu'au bout.

Dans la pinete et la minette
Tu tords ton cul d'une façon
Qui n'est pas d'une femme honnête ;
Et nom de Dieu, t'as bien raison !

Tu me fais des langues fourrées,
Quand nous baisons, d'une longueur,
Et d'une ardeur démesurées
Qui me vont, merde ! au droit du coeur,

Et ton con exprime ma pine
Comme un ours téterait un pis,
Ours bien léché, toison rupine,
Que la mienne a pour fier tapis

Ours bien léché, gourmande et saoûle
Ma langue ici peut l'attester
Qui fit à ton clitoris boule de gomme
A ne plus le compter

Bien léché, oui, mais âpre en diable,
Ton con joli, taquin, coquin,
Qui rit rouge sur fond de sable;
Telles les lèvres d'Arlequin.
 
Balanide IV
Gland, point suprême de l'être
De mon maître,
De mon amant adoré
Qu'accueille avec joie et crainte,
Ton étreinte
Mon heureux 'cul, perforé

Tant et tant par ce gros membre
Qui se cambre,
Se gonfle et, tout glorieux
De ses hauts faits et prouesses,
Dans les fesses
Fonce en élans furieux. -

Nourricier de ma fressure,
Source sûre
Où ma bouche aussi suça,
Gland, ma grande friandise,
Quoi qu'en dise
Quelque fausse honte, or, çà,

Gland, mes délices, viens, dresse
Ta caresse
De chaud satin violet
Qui dans ma main se harnache
En panache
Soudain d'opale et de lait.
 
Obscur et froncé
Obscur et froncé comme un oeillet violet
Il respire, humblement tapi parmi la mousse
Humide encor d'amour qui suit la pente douce
Des fesses blanches jusqu'au bord de son ourlet.

Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous l'autan cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse,
Pour s'en aller où la pente les appelait.

Ma bouche s'accoupla souvent à sa ventouse ;
Mon âme, du coït matériel jalouse,
En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

C'est l'olive pâmée, et la flûte caline ;
C'est le tube où descend la céleste praline :
Chanaan féminin dans les moiteurs éclos !
 
Partie carrée
Chute des reins, chute du rêve enfantin d'être sage,
fesses, trône adoré de l'impudeur,
Fesse dont la blancheur divinise encor la rondeur,
Triomphe de la chair mieux que celui par le visage !
Seins, double mont d'azur et de lait aux deux cimes brunes
Commandant quel vallon, quel bois sacré !
Seins, dont les bouts charmants sont un fruit vivant, savouré
Par la langue et la bouche ivres de ces bonnes fortunes !
Fesses, et leur ravin mignard d'ombre rose un peu sombre
Où rode le désir devenu fou,
Chers oreillers, coussin au pli profond pour la face ou
Le sexe, et frais repos des mains après ces tours sans nombre !
 
Pensionnaires
L'une avait quinze ans, l'autre en avait seize;
Toutes deux dormaient dans la même chambre,
C'était par un soir très lourd de septembre:
Frêles, des yeux bleus, des rougeurs de fraise.

Chacune a quitté, pour se mettre à l'aise,
La fine chemise au frais parfum d'ambre.
La plus jeune étend les bras, et se cambre,
Et sa sœur, les mains sur ses seins, la baise,

Puis tombe à genoux, puis devient farouche
Et tumultueuse et folle, et sa bouche
Plonge sous l'or blond, dans les ombres grises,

Et l'enfant, pendant ce temps-là, recense
Sous ses doigts mignons la valse promise,
Et, rose, sourit avec innocence.
 
Séguidille
Brune encore non eue,
Je te veux presque nue
Sur un canapé noir
Dans un jaune boudoir,
Comme en mil huit cent trente.

Presque nue et non nue
À travers une nue
De dentelles montrant
Ta chair où va courant
Ma bouche délirante.

Je te veux trop rieuse
Et très impérieuse,
Méchante et mauvaise et
Pire s'il te plaisait,
Mais si luxuriante !

Ah ! ton corps noir et rose
Et clair de lune ! Ah, pose
Ton coude sur mon cœur,
Et tout ton corps vainqueur,
Tout ton corps que j'adore !

Ah, ton corps, qu'il repose
Sur mon âme morose
Et l'étouffe s'il peut,
Si ton caprice veut,
Encore, encore, encore !

Splendides, glorieuses,
Bellement furieuses
Dans leur jeunes ébats,
Fous mon orgueil en bas
Sous tes fesses joyeuses !

 
Un peu de....
Un peu de merde et de fromage
Ne sont pas pour m'effaroucher
Mon nez, ma bouche et mon courage
Dans l'amour de gamahucher.

L'odeur m'est assez gaie en somme,
Du trou du cul de mes amants,
Aigre et fraîche comme de pomme
Dans la moiteur de sains ferments.

Et ma langue que rien ne dompte,
Par la douceur de ses longs poils roux
Raide et folle de bonne honte
Assouvit là ses plus forts goûts,

Puis, pourléchant le périnée
Et les couilles d'un mode lent,
Au long du chibre contourné
S'arrête à la base du gland.

Elle y puise âprement, en quête
Du nanan qu'elle mourrait pour,
Sive*, la crème de quéquette
Caillée aux éclisses d'amour.

Ensuite, après la politesse
Traditionnelle au méat
Rentre dans la bouche où s'empresse
De la suivre le vit béat,

Débordant de foutre, qu'avale
Ce moi confit en onction
Parmis l'extase sans rivale
De cette bénédiction !
 
Vas Unguentatum
Admire la brèche moirée
Et le ton rose-blanc qui met
La trace encor de mon entrée
Au paradis de Mahomet.

Vois, avec un plaisir d'artiste,
Ô mon vieux regard fatigué
D'ordinaire à bon droit si triste,
Ce spectacle opulent et gai,

Dans un mol écrin de peluche
Noire aux reflets de cuivre roux
Qui serpente comme une ruche,
D'un bijou, le dieu des bijoux,

Surtout contemple, et puis respire,
Et finalement baise encor
Et toujours la gemme en délire,
Le rubis qui rit, fleur du for

Intérieur, tout petit frère
Épris de l'autre et le baisant
Aussi souvent qu'il le peut faire,
Comme lui soufflant à présent...

Mais repose-toi, car tu flambes.
Aussi, lui, comment s'apaiser,
Cuisses et ventre, seins et jambes
Qui ne cessez de l'embraser ?

Hélas ! voici que son ivresse
Me gagne et s'en vient embrasser
Toute ma chair qui se redresse...
Allons, c'est à recommencer !
 

françois brouard, dit Béroalde De VERVILLE  | 1556 - 1626
 
Maintenant que l'Amour renaît heureusement
Maintenant que l'Amour renaît heureusement
Et qu'à ce beau printemps il commande qu'on plante
D'un Mai long et dressé la désirable plante
Il faut suivre l'arrêt de son commandement.

J'ai un Mai long et gros et fort également,
Poussant devers le haut une verdeur plaisante,
Qui frissonne sa cime en tout temps verdoyante
Et qui se peut planter assez facilement.

Ma dame, permettez que l'on m'ouvre la porte,
Et je le planterai sur la petite motte
Qui de votre maison remarque le milieu ;

Je le mettrai tout droit dessous votre croisée
Où en petits frisons la terre relevée
Fait l'endroit plus plaisant qui soit en tout le lieu.
 

Boris VIAN  | 1920 - 1959
 
La Messe en Jean Mineur
AMIS je veux éjaculer
Tout le vieux foutre accumulé
Dans la boutique de mes couilles
Je sens se roidir mon andouille
Il n'est plus temps de reculer
Mâle, femelle, âne ou citrouille
Ce soir je vais tout enculer

C'EST à l'glise que je veux
Sodomiser tous ces morveux
Enfilons nos noires soutanes
Pareils aux boules des platanes
Nos roustons noirs font les nerveux
Nous sommes nus sous nos roupanes
Passe une belle aux longs cheveux

DEGAINONS la trique violette
Qui hennit et rompt sa gourmette
Echappant à nos couturiers
Je lève mon noir tablier
La belle lèche ma quéquette
Attisant le feu meurtier
D'une langue rose et proprette

VOICI que le corbeau croasse
Voici que mon engin bavasse
Et que déjà brament les chantres
Tantôt je sors et tantôt j'entre
Et je répands l'âcre lavasse
Issue du doigt que j'ai au ventre
Au bénitier de sa conasse

MON sperme a craché sur sa tombe
Et là mon braquemard retombe
Mais la belle sait mille tours
Et me tend son cul de velours
Cul de houri cul de colombe
Qui s'offre rose et sans détours
Et je m'y rue comme une bombe

COMME une flèche dans la cible
Comme un protestant dans la bible
Ma queue palpite de bonheur
Et la belle rit de douleur
Cul d'une courbure indicible
Plus ferme qu'un cul de facteur
De foutre il faut que je te crible

SE dégageant d'un coup de hanches
Elle se retourne et se penche
Sur le bâtonnet rabougri
Et dégouté de mistigri
Elle a de grands yeux de pervenche
Et me suçotte mon grigri
MIRACLE ! AMIS, C'ETAIT DENTS BLANCHES !

L'APOTHEOSE alors éclate
Un beau cardinal écarlate
Encule les enfants de choeur
Qui chantent faux de tout leur coeur
Se branlant dans une tomate
Le curé décharge - vainqueur...
 

Théophile De VIAU | 1590 - 1626
 
Mes couilles, quand mon vit se dresse,
Mes couilles, quand mon vit se dresse,
Gros comme un membre de mulet,
Plaisent aux doigts de ma maitresse
Plus que deux grains de chapelet.

Il est arrivé dans la ville
Un personnage fort utile,
Expressément pour le détruit;
Il a quinze pouces de vit
Et fait neuf coups sans déconner,
Et six après sans s'étonner.

Pourtant s'il y a damoiselle,
Jeune femme, fille ou pucelle,
Qui aye besoin d'un tel vit
Qu'elles mettent leur nom en écrit,
Le lieu, la rue et la demeure,
Le personnage ira à l'heure,
et s'il ne fait tout ce qu'il dit,
Il veut qu'on lui coupe le vit.
 

François VILLON  |  1431  ~1463
 
Ballade des enculeurs en danger
Coquillards qui vous ruez dans les rondelles :
Mon burin vous chante de prendre garde
Que vous n'y laissiez votre pot et votre vit,
Ce qu'on fit à Colin (1) l'ouvre-fesses :
Devant taper dans le rond,
Il suça pour sauver sa bague ;
[Mais] il ne sut pas ouvrir l'oignon,
D'où que le bourrineur lui fit gicler la sève.

Changez souvent [de place] vos arrières,
Et allez tout raides vers le saint "siège" ;

Et mettez en échec les pénis en les faisant décharger,

Pour que vous ne soyez pas remplis :
C'est ainsi que Montigny (2) fut
Solidement rivé à une bouche
(Et Dieu sait s'il y balança le bouillon !),
D'où que le bourrineur lui fit gicler la sève.

Tringleurs experts dans l'art de la pipe
Pour enculer profondément les débutants :
Vite ! à l'assaut sans qu'on fasse cracher votre queue,
Afin que les jules ne soient pas à ce festin,
[Mais qu'ils soient] farcis d'un poinçon à bagouzes.
Car celui qui branle l'oiseau du fouteur
Est bien loin de la terre (3)
D'où qu'au bourrineur il fait gicler la sève.

Prince, éloignez-vous des anus !
Et puissiez-vous être né sans "rond" ni pastille,
Que vous ne laissiez pas votre pénis entre deux joues (4)
A cause du bourrineur qui fait gicler la sève.

(1)  Colin de Cayeux
(2)  Régnier de Montigny
(3) n'est pas près de s'agenouiller pour être sodomisé
(4) sans anus, nul ne voudrait vous sucer pour vous sodomiser
(la règle est de ne pas sodomiser un homme en érection)

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 
Ballade des lécheurs
Lécheurs de "sucettes"
Qui à chaque bandaison
Enfoncez dans votre gosier
De grosses pioches,
Et [qui] en érection,
Videz les bourses aux niais dépourvus de culs :
Pour que protégiez votre anus,
Les dupes sont privés de raideur
Sans [pouvoir] foutre leur zézette
Ni bander [bien] haut ;
Epuisés, ils sont plantés comme des joncs
Par des novices qui en savent long (1).

Souvent, devant les culs,
De leur poinçon
[Les dupes] se laissent priver
Au lieu d'enculer,
Et [se laissent] butiner
Par leur partenaire, que nous (2) foutrions alors
[Mais] le tricheur, dans votre cul, répond (3)
Et vous rue deux ou trois coups :
Les galants [que vous êtes],
Leurs couilles et leur bite
Se balanceront devant leur front
Par la faute de novices qui en savent long.

Pour cela, des buveurs de "lait" (4)
Et des encoquilleurs
Vous aspirez la bandaison
(Qui changerait d'emploi
Votre cul
Et vous ferait vous éloigner des trous)
Par épongeage
Et butinage
(Ce qui est pour les dents un plaisir recherché),
Afin de limer
Et de tamponner
D'un maillet tout rond ces loubards,
Au nom de novices qui en savent long.

De peur des verges
Et des bâtons,
Armez-vous d'aphrodisiaques
Et de duperies,
Et ne vous retrouvez plus à genoux sur la paille
Par la faute de novices qui en savent long.

(1) être long = en savoir long et avoir un long pénis
(2) nous [les actifs]
(3) répond [à votre érection]
(4) sperme

Les notes sont proposées par Cyr. Merci pour son excellent travail (lien)
 

Renée VIVIEN  "Sappho 1900"  | 1877 - 1909
 
Désir
Elle est lasse, après tant d'épuisantes luxures.
Le parfum émané de ses membres meurtris
Est plein de souvenirs des lentes meurtrissures
La débauche a creusé ses yeux bleus assombris.

Et la fièvre des nuits avidement rêvées
Rend plus pâles encor ses pâles cheveux blonds.
Ses attitudes ont des langueurs énervées.
Mais voici que l'amante aux cruels ongles longs

Soudain la ressaisit, et l'étreint, et l'embrasse
D'une ardeur si sauvage et si douce à la fois,
Que le beau corps brisé s'offre en demandant grâce,
Dans un râle d'amour, de désirs et d'effrois.

Et le sanglot qui monte avec monotonie,
S'exaspérant enfin de tant de volupté,
Hurle comme on hurle aux moments d'agonie,
Sans espoir d'attendrir l'immense surdité.
 
Nocturne
J'adore la langueur de ta lèvre charnelle
Où persiste le pli des baisers d'autrefois.
Ta démarche ensorcelle,
Et la perversité calme de ta prunelle
A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.

Tes cheveux, répandus ainsi qu'une fumée,
Clairement vaporeux, presque immatériels,
Semblent, ô Bien-Aimée,
Recéler les rayons d'une lune embrumée,
D'une lune d'hiver dans le cristal des ciels.

Le soir voluptueux a des moiteurs d'alcôve;
Les astres sont comme des regards sensuels
Dans l'éther d'un gris mauve,
Et je vois s'allonger, inquiétant et fauve,
Le lumineux reflet de tes ongles cruels.

Sous ta robe, qui glisse en un frôlement d'aile,
Je devine ton corps, - les lys ardents des seins,
L'or blème de l'aisselle,
Les flancs doux et fleuris, les jambes d'Immortelle,
Le velouté du ventre et la rondeur des reins.

La terre s'alanguit, énervée, et la brise,
Chaude encore des lits lointains, vient assouplir
La mer enfin soumise...
Voici la nuit d'amour depuis longtemps promise...
Dans l'ombre je te vois divinement pâlir.
 

Héliette de VIVONNE  | 1558 - 1625
 
Le luth | Pour le plus beau ébat que je puisse choisir
Pour le plus beau ébat que je puisse choisir,
Souvent, après dîner, craignant qu'il ne m'ennuie,
Je prends le manche en main, je le tâte et manie,
Tant qu'il soit en état de me donner plaisir.

Sur mon lit je me jette, et, sans m'en dessaisir,
Je l'étreins de mes bras et sur moi je l'appuie,
Et, remuant bien fort, d'aise toute ravie,
Entre mille douceurs j'accomplis mon désir.

S'il advient, par malheur, quelquefois qu'il se lâche,
De la main je le dresse, et derechef je tâche
Au jouir du plaisir d'un doux maniement.

Ainsi, mon bien aimé, tant que le nerf lui tire,
Me contemple et me plaît, puis de lui, doucement,
Lasse et non assouvie enfin je me retire.
 

François Marie Arouet, dit VOLTAIRE  | 1694 – 1778
 
Polissonnerie | Je cherche un petit bois touffu
Je cherche un petit bois touffu,
Que vous portez, Aminthe,
Qui couvre, s'il n'est pas tondu
Un gentil labyrinthe.
Tous les mois, on voit quelques fleurs
Colorer le rivage ;
Laissez-moi verser quelques pleurs
Dans ce joli bocage.

- Allez, monsieur, porter vos pleurs
Sur un autre rivage ;
Vous pourriez bien gâter les fleurs
De mon joli bocage ;
Car, si vous pleuriez tout de bon,
Des pleurs comme les vôtres
Pourraient, dans une autre saison,
M'en faire verser d'autres.

- Quoi ! vous craignez l'évènement
De l'amoureux mystère ;
Vous ne savez donc pas comment
On agit à Cythère ;
L'amant, modérant sa raison,
Dans cette aimable guerre,
Sait bien arroser la gazon
Sans imbiber la terre.

- Je voudrais bien, mon cher amant,
Hasarder pour vous plaire ;
Mais dans ce fortuné moment
On ne se connait guère.
L'amour maîtrisant vos désirs,
Vous ne seriez plus maître
De retrancher de nos plaisirs
Ce qui vous donna l'être.
 
 
 
paul valéry de la valletrye paul verlaine béroalde de verville boris vian
théophile de viau françois villon rené vivien heliette de vivonne VOLTAIRE
 
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