ils ont ecrit pour vous
lire ou relire un poeme des grands auteurs
 
o
René de OBALDIA Charles d'ORLÉANS

R. DE OBALDIA René de OBALDIA

né en 1918
Dimanche
(René de OBALDIA)
Charlotte
fait de la compote
Bertrand
suce des harengs
Cunégonde
se teint en blonde
Epaminondas
cire ses godasses
Thérèse
souffle sur la braise
Léon
peint des potirons
Brigitte
s'agite, s'agite
Adhémar
dit qu'il en a marre
La pendule
fabrique des virgules

Et moi dans tout cha ?
Et moi dans tout cha ?
Moi, ze ne bouze pas
Sur ma langue z'ai un chat
 
Le secret
(René de OBALDIA)
Sur le chemin près du bois
J'ai trouvé tout un trésor :
Une coquille de noix
Une sauterelle en or
Un arc-en-ciel qu'était mort.

A personne je n'ai rien dit
Dans ma main je les ai pris
Et j'ai tenue fermée
Fermée jusqu'à l'étrangler
Du lundi au samedi.

Le dimanche l'ai rouverte
Mais il n'y avait plus rien
Et j'ai raconté au chien
Couché dans sa niche verte
Comme j'avais du chagrin.

Il m'a dit sans aboyer
“Cette nuit, tu vas rêver.”

La nuit, il faisait si noir
Que j'ai cru à une histoire
Et que tout était perdu.

Mais d'un seul coup j'ai bien vu
Un navire dans le ciel
Traîné par une sauterelle
Sur des vagues d'arc-en-ciel !
 

C. D'ORLEANS Charles d'ORLÉANS

1371-1463
Balade
(Charles d'ORLÉANS)
Las! Mort qui t'a fait si hardie.
De prendre la noble Princesse
Qui estait mon confort, ma vie,
Mon bien, mon plaisir, ma richesse;
Puisque tu as prins ma maistresse,
Prens moy aussi son serviteur,
Car j'ayme mieulx prouchainement
Mourir, que languir en tourment,
En paine, soussy et doleur.

Las! de tous biens estoit garnie,
Et en droicte fleur de jeunesse;
Je pry à Dieu qu'il te maudie,
Faulse mort, plaine de rudesse;
Se prise l'eusses en vieillesse,
Ce ne fust pas si grant rigueur;
Mais prise l'as hastivement,
Et m'as laissié piteusement
En paine, soussy et doleur.

Las! je suis seul, sans compaignie,
Adieu ma Dame, ma liesse;
Or est nostre amour departie,
Non pourtant, je vous fais promesse
Que de prieres, à largesse,
Morte vous serviray de cueur,
Sans oublier aucunement,
Et vous regrecteray souvent
En paine, soussy et doleur

L'ENVOY.

Dieu, sur tout souverain Seigneur,
Ordonnez, par grace et doulceur,
De l'ame d'elle, tellement
Qu'elle ne soit pas longuement
En paine, soussy et doleur.
 
En regardant vers le pays
(Charles d'ORLÉANS)
En regardant vers le pays de France,
Un jour m’advint, à Douvres sur la mer,
Qu’il me souvint de la douce plaisance
Que je soulais au dit pays trouver ;
Si commençai de cœur à soupirer,
Combien certes que grand bien me faisoit
De voir France que mon cœur aimer doit.

Je m’avisai que c’était non savance
De tels soupirs dedans mon cœur garder,
Vu que je vois que la voie commence
De bonne paix, qui tous biens peut donner ;
Pour ce, tournai en confort mon penser ;
Mais non pourtant mon cœur ne se lassoit
De voir France que mon cœur aimer doit.

Alors chargeai en la nef d’Espérance
Tous mes souhaits, en leur priant d’aller
Outre la mer, sans faire demeurance,
Et à France de me recommander.
Or nous donn’ Dieu bonne paix sans tarder !
Adonc aurai loisir, mais qu’ainsi soit,
De voir France que mon cœur aimer doit.

Paix est trésor qu’on ne peut trop louer.
Je hais guerre, point ne la dois priser ;
Destourbé m’a longtemps, soit tort ou droit,
De voir France que mon cœur aimer doit !
 
Hiver , vous n'êtes qu'un vilain
(Charles d'ORLÉANS)
Hiver , vous n'êtes qu'un vilain
Eté est plaisant et gentil
En témoin de Mai et d'Avril
qui l'accompagnent soir et matin

Eté revêt champs, bois et fleurs
de sa livrée de verdure
et de maintes autres couleurs
par l'ordonance de Nature

Mais vous , hiver , êtes trop plein
De neige , vent , pluie et grésil
On vous du bannir en exil
Sans vous flatter je parle plein

Hiver , vous n'êtes qu'un vilain.
 
Ma seule amour
(Charles d'ORLÉANS)
Ma seule amour, ma joie et ma Maîtresse,
Puisqu'il me faut loin de vous demeurer,
Je n'ai plus rien, à me réconforter,
Qu'un souvenir pour retenir liesse.

En allégeant par Espoir ma détresse,
Me conviendra le temps ainsi passer,
Ma seule amour, ma joie et ma Maîtresse,
Puisqu'il me faut loin de vous demeurer.

Car mon coeur las, bien garni de tristesse,
S'en est voulu avecques vous aller,
Et ne pourrai jamais le recouvrer
Jusques verrai votre belle jeunesse,
Ma seule amour, ma joie et ma Maîtresse.
 
Rondeau de printemps
(Charles d'ORLÉANS)
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau. Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie. Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.
 
René de OBALDIA Charles d'ORLÉANS
 
[ précédente ]   [ entrée ]   [ haut de page ]
 
L' entrée des pages des AUTEURS et de leurs textes
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z
 
Particuliers et professionnels
pour vos besoins en écriture  >
La Souris & la Plume - Marc CLEMENT-HINGER
 
menu navigation avec boussole
entrée du site classement alphabétique le classement le plus complet : légal

classement chronologique ... les AUTEURS leurs textes les thèmes liens
contact Classement PAR thÈMES alphabétiquement juillet2014